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JeanPierre Bonnefous, Ă©toile de 1965 Ă 70, il part au New York city ballet. 1980 il prend la direction du North Caroline Dance Theater, en 1985 devient directeur de la danse de âIndiana University. Nanon Thibon, Ă©toile de 1965 Ă 77, nommĂ©e Ă©toile Ă lâissue de la reprĂ©sentation Noces
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Shengis the New York City Ballet's first composer-in-residence. Sheng est le premier compositeur en résidence du New York City Ballet. Scottish Ballet's current artistic director Christopher Hampson joined the company in 2012. Le dernier directeur artistique en date du ballet est Christopher Hampson qui a rejoint la compagnie en 2012.
BenjaminMillepied est un danseur et chorĂ©graphe français, connu Ă©galement pour ĂȘtre le mari de Natalie Portman. Il a grandi au SĂ©nĂ©gal et a fait partie du New York City Ballet avant d'ĂȘtre
Site De Rencontre En Martinique Gratuit. La façade du musĂ©e d'Histoire naturelle de New York. Photo T. Mizo1/ Pour voir les dinosauresSi vous avez aimĂ© le film Jurassic Park, vous allez adorer le musĂ©e dâHistoire naturelle de New York. Le musĂ©e abrite en effet une collection trĂšs complĂšte de fossiles de dinosaures. DĂšs le hall dâentrĂ©e, dâimpressionnants spĂ©cimens vous ensuite vers le Hall of Saurischian Dinosaurs, oĂč vous pourrez notamment rendre visite au Tyrannosaurus Rex, ou T-Rex, le dinosaure le plus cĂ©lĂšbre du Ă affronter les dinosaures ? Photo Don DeBold2/ Pour revivre La nuit au musĂ©eLe musĂ©e dâHistoire naturelle de New York est au cĆur du film La nuit au musĂ©e, avec Ben Stiller. Ce gardien de nuit, qui pensait avoir trouvĂ© un boulot pĂ©pĂšre, va se trouver embarquer dans une folle aventure, alors que les dinosaures et autres statues du musĂ©e prennent vous avez vu le film sorti en 2006, vous ne pourrez pas visiter le musĂ©e sans revoir les scĂšnes. Le film a dâailleurs donnĂ© lieu Ă 2 autres Ă©pisodes, qui se dĂ©roulent eux aussi dans le musĂ©e de La nuit au musĂ©e Pour rĂȘver devant les pierres prĂ©cieusesMesdames, si vous voulez vous faire offrir un joli souvenir de New York, emmenez votre mari dans le Morgan Memorial Hall of Gems », la vaste salle qui abrite la collection de pierres prĂ©cieuses. Vous aurez diamants, saphirs et rubis Ă portĂ©e de les plus belles pierres, vous resterez sous le charme Ă©trange du Star of India », lâun des plus gros saphirs au monde. Son nom vient du fait que la lumiĂšre se reflĂšte dans le saphir en crĂ©ant une mystĂ©rieuse Ă©toileâŠLe Star of India Ă New York. Photo AMNH4/ Pour toucher une mĂ©tĂ©oriteJuste Ă cĂŽtĂ© du hall consacrĂ© aux pierres prĂ©cieuses, le Arthur Ross Hall of Meteorites est entiĂšrement dĂ©diĂ© aux mĂ©tĂ©orites. Vous pourrez dĂ©couvrir les mystĂšres de la Terre mais aussi un authentique fragment de mĂ©tĂ©orite qui sâest abattu sur notre encore, vous pourrez toucher ce morceau de caillou venu de lâespace ! Une expĂ©rience spatiale Ă ne pas manquer !Une mĂ©tĂ©orite qui vous tend les mains⊠Photo AMNH5/ Pour parcourir les 5 continents en un seul voyageLe musĂ©e dâHistoire naturelle vous raconte la grande aventure de la vie sur Terre, avec la formation de notre systĂšme solaire et des planĂštes. Une grande galerie expose Ă©galement une importante collection dâanimaux pourrez alors parcourir lâOuest amĂ©ricain, avec ses coyotes, la savane africaine, avec ses lions, ses antilopes et ses oryx, ou la banquise avec ses morses. Les scĂšnes sont Ă chaque fois reproduites avec minutie et un grand sens du Ă face avec des oryx⊠Photo DanoInformations pratiquesAdresse Ă lâangle de Central Park West et 79th 86 ouvert tous les jours de 10h Ă 22 $ pour les adultes, 17 $ pour les plus de 65 ans et pour les Ă©tudiants, 12,50 $ pour les enfants de 2 Ă 12 ans. Vous pouvez acheter vos billets, avec accĂšs coupe-file, directement sur notre page dĂ©diĂ©e aux billets pour le musĂ©e dâHistoire naturelle de New plan lâentrĂ©e au musĂ©e dâHistoire naturelle est comprise dans tous les pass touristiques Ă New York, le New York City Pass mais aussi lâExplorer Pass et le New York Pass.
Benjamin Millepied tombe de haut - Il a quittĂ© lâOpĂ©ra de Paris Fin de rĂšgne. Sa derniĂšre photo sur les toits du palais Garnier, le 25 janvier 2016. © Vincent Capman 11/02/2016 Ă 0510, Mis Ă jour le 11/02/2016 Ă 1301 Venu de New York, le directeur de la danse a dĂ©couvert le poids des traditions. Mais ne part pas sur la pointe des pieds. ProtĂ©gĂ© par lâobscuritĂ© de sa loge, Benjamin Millepied a les larmes aux yeux. Le rideau vient de tomber. Les applaudissements crĂ©pitent. Ce 24 septembre 2015, le directeur de la danse de lâOpĂ©ra de Paris ouvre sa premiĂšre saison. Pour lâoccasion, il a créé Clear, Loud, Bright, Forward », une piĂšce avec seize danseurs. Parmi eux, aucune Ă©toile. La gĂ©nĂ©ration Millepied » est nĂ©e. Des jeunes pousses façonnĂ©es Ă son image, les Ă©toiles de demain. DĂšs sa prise de fonction, lâhomme a donnĂ© le la ». Il veut rĂ©volutionner lâOpĂ©ra, faire valser les traditions quâil juge trop corsetĂ©es. Câest avec beaucoup dâassurance quâil se lance dans le dĂ©fi car, jusquâĂ prĂ©sent, rien ni personne ne lui a rĂ©sistĂ© ni le New York City Ballet ni Jerome Robbins, ni Hollywood ni Natalie Portman. Le couple quâil forme avec lâactrice amĂ©ricaine incarne le glam chic et intello. Ce 24 septembre, sa soirĂ©e de gala Ă lâamĂ©ricaine » est un triomphe. Des milliardaires sont venus du monde entier pour apporter leur soutien Ă la star de la danse. Plus de 1 million dâeuros entrent dans les caisses de lâOpĂ©ra. StĂ©phane Lissner, le directeur de lâOpĂ©ra, qui lâa choisi parmi dâautres candidats issus du Ballet, est sĂ©duit. Dâautres pensent que cette aventure parisienne fait partie dâun plan de carriĂšre. Ils craignent que, par orgueil, le rebelle casse le jouet. Dans les deux cas, Millepied est attendu au tournant. La suite aprĂšs cette publicitĂ© A lire Benjamin Millepied fausse compagnie Ă l'OpĂ©ra de Paris La suite aprĂšs cette publicitĂ© "Pour dĂ©celer une Ă©toile, jâai besoin de suivre mon instinct"Les jours prĂ©cĂ©dant cette fameuse soirĂ©e, des critiques feutrĂ©es filtrent dĂ©jĂ des studios Il ne sâintĂ©resse pas aux Ă©toiles, ni aux plus de 24 ans. » AprĂšs vingt ans passĂ©s aux Etats-Unis et en tant quâancien âprincipal dancerâ du New York City Ballet, il nâa pas la lĂ©gitimitĂ© pour donner des leçons aux Ă©toiles. Que peut-il leur apprendre ? » entend-on entre autres interrogations. Pour moi, le cĆur de la compagnie câest le corps du ballet, assure lâintĂ©ressĂ©. Les Ă©toiles donnent lâexemple et inspirent, mais ça ne veut pas dire quâĂ lâintĂ©rieur du ballet il nây a pas plein de petites Ă©toiles. » Pour dĂ©celer une Ă©toile, jâai besoin de suivre mon instinct, nous expliquait-il. Je peux ĂȘtre sĂ©duit par lâun, plus poĂ©tique, ou par un autre, plus timide. Ce qui mâintĂ©resse, câest leur singularitĂ© ! » Benjamin Millepied dirige la rĂ©pĂ©tition de sa crĂ©ation "Clear, Loud, Bright, Forward", le 19 septembre 2015 © GĂ©rard Uferas Parmi les artistes confirmĂ©s, des dents grincent. Ne pas se sentir dĂ©sirĂ©, lorsque le but de sa vie est dâĂȘtre admirĂ©, nourrit forcĂ©ment frustration et aigreur. Les couloirs de Garnier bruissent de ce dĂ©plaisant malaise. François Alu, premier danseur, qui a cependant eu la chance dâĂȘtre beaucoup distribuĂ© depuis la nomination de Benjamin », dĂ©nonce un management maladroit On peut dire quâil a dirigĂ© 30 personnes individuellement et non 154, lâeffectif total du ballet. Cela a créé une cĂ©sure. Au lieu dâunir, il a divisĂ© en opposant les jeunes aux moins jeunes, les classiques aux contemporains, la France aux Etats-Unis, la ârelĂšveâ et les autres. Pourtant, au dĂ©but, nous lâavons accueilli Ă bras ouverts, nous avions hĂąte de voir ce quâil allait nous proposer. » La suite aprĂšs cette publicitĂ© La suite aprĂšs cette publicitĂ© A lire AurĂ©lie Dupont remplace Benjamin Millepied Dans le documentaire de Canal+, RelĂšve », on voit Benjamin Millepied dĂ©baller un carton. Il en sort un livre en anglais. Rigolard, il traduit le titre face Ă la camĂ©ra Diriger avec efficacitĂ©, clartĂ© et impact ». Lâhomme sait que dĂ©poussiĂ©rer lâOpĂ©ra revient Ă se heurter Ă une montagne. Câest certainement la compagnie du monde la plus difficile Ă diriger », nous confiait-il en septembre dernier. Le plus compliquĂ©, câest lâadministration, le fonctionnement, la façon dâapprendre, les ego qui sont le fruit dâun dĂ©rĂšglement de la machine. Au lieu de faciliter le travail, ça le rend plus difficile. » Ce ballet est une institution royale, fait du roi Louis XIV, un monument historique qui prĂ©serve en son sein un trĂ©sor national la danse classique. Depuis plus de trois cents ans, une chaĂźne ininterrompue de traditions et de gestes, confiĂ©s de corps Ă corps par des milliers dâinterprĂštes, de professeurs, de chorĂ©graphes, sauvegarde et perpĂ©tue le style français. Les artistes rĂ©pondent Ă des critĂšres physiques. Corps de sylphide pour les filles, allure de prince charmant pour les hommes. Enfants, ils ont appris Ă sâeffacer dans le groupe et Ă se nourrir des aĂźnĂ©s, Ă sâacharner pour devenir le meilleur, lâunique. A la force des concours, ils ont grimpĂ© les Ă©chelons quadrille, coryphĂ©e, sujet, premier danseur. Et enfin, par le seul fait du prince, au tombĂ© de rideau dâun spectacle oĂč on les a trouvĂ©s incontestables et resplendissants, Ă©toile. Pour cela, il a fallu supplanter sans pitiĂ© ses camarades, car les places sont rares. Il y a une rivalitĂ© pas toujours saine entre les danseurs, regrettait Millepied. Câest le systĂšme qui produit cela. La compĂ©tition perpĂ©tuelle gĂ©nĂšre des doutes, de la peur et de la jalousie. Jâaimerais changer tout ça ! »"Etre danseur, câest sâexprimer, pas tenter de ressembler Ă un motif de papier peint"Cet univers, arc-boutĂ© sur la discipline et lâuniformitĂ©, terrorise le petit Benjamin depuis lâenfance. A 12 ans, quand jâai vu le documentaire sur lâEcole de danse de lâOpĂ©ra, cette rigiditĂ©, cette ambiance dans les cours⊠ça mâa fait peur. » Une approche de la danse Ă lâopposĂ© de celle quâil a dĂ©couverte au SĂ©nĂ©gal, oĂč il a vĂ©cu ses premiĂšres annĂ©es. LĂ -bas, il sâest appropriĂ© un art qui vient des tripes et obĂ©it au seul rythme, souvent sous forme dâimprovisation. Il a la conviction que danser sâassocie au plaisir et Ă la libertĂ©, au-delĂ de la technique. Adolescent, ce Français ne rĂȘve pas de Paris mais de New York, pas de Noureev mais de Jerome Robbins. West Side Story » plutĂŽt que Louis XIV. Il dĂ©croche Ă 16 ans une place au New York City Ballet et y cĂŽtoie ses idoles. Il lui arrive de prendre un cours Ă la mĂȘme barre que Barychnikov. Cette part dâAmĂ©rique qui vit en lui ressurgit dans ses partis pris. LâĂ©toile Josua Hoffalt se souvient Je suis Ă©lu au conseil dâadministration de lâOpĂ©ra de Paris. Jâai entendu Millepied parler des grands chorĂ©graphes du XXe siĂšcle en ne citant que des AmĂ©ricains, sans aucune rĂ©fĂ©rence Ă Roland Petit ou Maurice BĂ©jart. Câest un mĂ©pris de notre histoire. »A lire Hier soir Ă Paris... le nouveau ballet de Benjamin Millepied Devenu adulte dans une nation oĂč entreprendre est presque une religion, Benjamin Millepied a des envies, des idĂ©es. Beaucoup dâidĂ©es pour lâOpĂ©ra. Son esprit carbure Ă 300 Ă lâheure. Hyperactif, il saute dâun sujet Ă lâautre comme il zappe de son Smartphone Ă son ordinateur en continuant, au vol, sa conversation avec Virginia, qui court aprĂšs lui pour lui rappeler son agenda de ministre. Parmi ses obligations, assister aux rĂ©unions. Le documentaire de Canal+ comporte une scĂšne symptomatique dans une salle, autour dâune table, se trouvent StĂ©phane Lissner, Benjamin Millepied et des reprĂ©sentants syndicaux. Ceux-ci se plaignent du systĂšme vidĂ©o. Rien ne marche », rĂ©sume Millepied. Ne vous Ă©nervez pas », tempĂšre StĂ©phane Lissner. Je ne mâĂ©nerve pas », rĂ©pond lâintĂ©ressĂ©, mi-agacĂ©, mi-amusĂ©. Lâhomme pressĂ© ronge son frein. Lui qui entend tordre le cou aux rĂšgles sclĂ©rosantes doit, malgrĂ© tout, sây soumettre. Tous les directeurs successifs se sont frottĂ©s Ă lâinertie du paquebot. Aucun nâa fait lâunanimitĂ©. Roland Petit a tenu six mois. Claude Bessy, encore moins. Noureev avait tout le monde contre lui, des danseurs Ă la direction », raconte Jean-Luc Choplin, ancien administrateur Ă lâOpĂ©ra et aujourdâhui directeur du théùtre du ChĂątelet. Le tsar, Ă©rigĂ© en gĂ©nie Ă son dĂ©part, agissait en tyran comme il lâavait appris. On parle encore de ses humiliations, de Thermos de thĂ© lancĂ© au visage des danseurs⊠Benjamin a toujours ĆuvrĂ© dans le respect. Il ne pouvait pas supporter quâune maĂźtresse de ballet dise Ă une danseuse âJe vais te casserâ », confie un proche. Seule Brigitte LefĂšvre, qui cumule vingt ans de service, a eu la recette de la longĂ©vitĂ© Lâimportant, ce nâest pas dâavoir mille idĂ©es nouvelles, mais trois que lâon va rĂ©aliser. Le Ballet de lâOpĂ©ra de Paris est une institution magnifique. Mais il y a un socle, son histoire, ses qualitĂ©s, son Ă©volution, et il faut toujours partir de lĂ . » Depuis sa prise de fonction, en novembre 2014, le progressiste a remportĂ© des combats. Les planchers, qui dataient de Noureev, ont Ă©tĂ© changĂ©s, une mĂ©decine de la danse mise en place et une plateforme digitale créée. Surtout, pour la premiĂšre fois, une danseuse mĂ©tisse, Letizia Galloni, tient le rĂŽle principal dans un ballet classique, La fille mal gardĂ©e ». LâindignĂ© sâinsurge du manque de diversitĂ© au sein de la troupe. Jâai entendu trĂšs clairement, en arrivant, quâon ne met pas une personne de couleur dans un ballet parce que câest une distraction ! Au milieu de 25 filles blanches, on ne va regarder que la fille noire ! Quand on arrive des Etats-Unis et quâon entend ça, ça fait peur. Il faut que je casse cette idĂ©e qui est raciste. » Ses dĂ©clarations ont la brutalitĂ© dâun uppercut. Cette maladresse de chien fougueux le conduira Ă sa perte. Il a Ă©tĂ© victime de sa cash attitude », souligne un bon connaisseur de Garnier. En dĂ©cembre se joue le final de lâintrigue. La bayadĂšre », la derniĂšre chorĂ©graphie de Noureev, est au programme pour les fĂȘtes. Déçu de la prestation du Ballet, Benjamin Millepied se lĂąche dans une interview au Figaro ». Dâabord, il rĂ©pĂšte ce quâil dit depuis des mois Etre danseur, câest sâexprimer, pas tenter de ressembler Ă un motif de papier peint. » La formule, fĂ©roce, scandalise. Et il dĂ©veloppe Lâexcellence, jâattends de la voir. Ils sont tellement dans une bulle, tout le monde leur a dit quâils Ă©taient la meilleure compagnie du monde. Mais il faut quâils aillent voir comment ça se passe Ă lâextĂ©rieur. Mon but, câest vraiment de les rendre excellents pour de vrai. » Josua Hoffalt fait partie des danseurs de La bayadĂšre » Ses remarques, en plus de nous blesser, montraient quâil nâavait pas compris la culture de la maison. » Depuis, des voix se seraient Ă©levĂ©es auprĂšs de StĂ©phane Lissner. Inquiet pour lâimage de lâOpĂ©ra, le directeur de Bastille et de Garnier aurait dĂ©cidĂ© de lĂącher son poulain. De son cĂŽtĂ©, le bouillant Millepied, lassĂ©, dĂ©sabusĂ©, rĂ©flĂ©chit Ă jeter lâĂ©ponge. Il a prĂ©venu dans cette mĂȘme interview Tout ce que je fais, câest par passion. Parce que je suis portĂ© par la nĂ©cessitĂ© de donner au ballet un souffle nouveau. Câest ma mission. Si je nây arrive pas ici, je le ferai ailleurs. » Dont acte !
PubliĂ© le 5 fĂ©vr. 2016 Ă 101C'est finalement AurĂ©lie Dupont qui va avoir la lourde tĂąche de diriger le Ballet de l'OpĂ©ra de Paris, aprĂšs le dĂ©part prĂ©cipitĂ© de Benjamin Millepied, au terme de seulement deux saisons. L'enfant du sĂ©rail - trente-deux ans de maison, de petit rat Ă danseuse Ă©toile - rassure une compagnie Ă©prouvĂ©e. Car la greffe Benjamin Millepied », chorĂ©graphe et danseur Ă©toile venu du New York City Ballet, n'a pas bien accueilli Ă son arrivĂ©e par les danseurs, le jeune homme pressĂ© a voulu bousculer trop vite une institution sĂ©culaire. L'OpĂ©ra est une vieille dame, on ne peut pas tout changer tout de suite, je vais prendre mon temps », s'est empressĂ©e de souligner AurĂ©lie Dupont lors d'une confĂ©rence de presse documentaire La RelĂšve », que Canal+ avait diffusĂ© fin dĂ©cembre, a probablement Ă©tĂ© la maladresse de trop. Benjamin Millepied y critiquait sans mĂ©nagement l'action de son prĂ©dĂ©cesseur, Brigitte LefĂšvre, un dĂ©ballage mal reçu en interne comme en externe. Il Ă©mettait des doutes sur le fait que le Ballet de l'OpĂ©ra de Paris figurait parmi les meilleures compagnies au monde, au risque d'en ternir l'image... GĂȘnant quand le documentaire est une coproduction signĂ©e avec... l'OpĂ©ra de directeur de cette grande maison, StĂ©phane Lissner, dĂ©fend toujours celui qu'il a nommĂ©, refusant de reconnaĂźtre cette erreur de casting. Il a rĂ©organisĂ© le travail, fait bouger les lignes, amĂ©liorĂ© la santĂ© des artistes, rĂ©vĂ©lĂ© de jeunes danseurs », a-t-il dĂ©clarĂ©. L'intĂ©ressĂ©, lui, affirme partir pour se consacrer Ă ce qui l'anime vraiment crĂ©er, chorĂ©graphier ».EquivoqueEn fait dĂšs le dĂ©part les dĂ©s Ă©taient pipĂ©s. Lissner Ă©tait prĂȘt Ă tout pour le faire venir et il a occultĂ© la complexitĂ© du poste de directeur de ballet. Le choix du glamour l'a emportĂ©. Pourtant la star ne doit pas ĂȘtre Benjamin Millepied, mais le ballet de l'OpĂ©ra de Paris », remarque un observateur. A prĂ©sent, nombreuses sont les voix rappelant que ce danseur expatriĂ© depuis longtemps aux Etats-Unis n'avait aucune expĂ©rience d'une institution publique française de cette taille, avec ses lourdeurs, ni de la gestion d'une compagnie de 150 soulager Benjamin Millepied, StĂ©phane Lissner s'apprĂȘtait Ă nommer mi-fĂ©vrier un nouvel administrateur. Cela n'Ă©tait pas Ă la dimension du problĂšme. A Garnier, on avait coutume de dire Si tu veux parler Ă Benjamin, laisse-lui un message sur Facebook ! », rĂ©vĂšle une employĂ©e de la maison. Accro des rĂ©seaux sociaux, le chorĂ©graphe a montrĂ© plus d'enthousiasme pour tourner des petits films destinĂ©s Ă alimenter la troisiĂšme scĂšne », numĂ©rique de l'OpĂ©ra de Paris, qu'Ă manager le ballet. Nourri de nouvelles technologies, de culture amĂ©ricaine, il a voulu faire le New York City Ballet au palais Garnier. MĂȘme en termes de frĂ©quentation, cela n'est pas probant, car Chaillot et le Théùtre de la Ville le font Ă des tarifs deux Ă trois fois moins chers », souligne-t-on en interne. Un avis probablement partagĂ© par AurĂ©lie Dupont, qui a rappelĂ© Nous sommes une compagnie de danseurs classiques qui s'ouvre au contemporain et pas l'inverse ».Le dĂ©part de Benjamin Millepied signe aussi celui du tandem trĂšs mĂ©diatique qu'il forme avec sa femme, l'actrice Natalie Portman. Le duo, plĂ©biscitĂ© par les donateurs amĂ©ricains, avait contribuĂ© Ă lever 1 million d'euros lors du gala d'ouverture de saison, contre de Ă euros habituellement. Les mĂ©cĂšnes se montreront-ils moins gĂ©nĂ©reux Ă l'avenir ? Pour nous ça ne change rien, nous aidons avant tout une institution qui avait dĂ©cidĂ© d'Ă©largir son public », note Jean-Jacques Goron, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la Fondation BNP Paribas. Et AurĂ©lie Dupont dispose elle aussi d'un capital charme et notoriĂ©tĂ© non nĂ©gligeable. D'ailleurs pour Hugues Gall, ancien directeur de l'OpĂ©ra de Paris, c'est une danseuse Ă©toile de renommĂ©e mondiale, lĂ©gitime, une femme de caractĂšre, intelligente, qui va rĂ©ussir ».
La magnificence de la danse vous a toujours attirĂ© et vous souhaitez en savoir davantage sur ce magnifique art ? Vous souhaitez dĂ©couvrir comment les scandales de cette compagnie amĂ©ricaine mondialement reconnue lâont affectĂ©e, et comment elle a su y survivre et se renouveler ? La renommĂ©e du New York City Ballet vous a toujours intĂ©ressĂ©, et vous souhaitez connaĂźtre son histoire ? PassionnĂ©s par tout ce qui a trait Ă l'AmĂ©rique, nous nous sommes intĂ©ressĂ©s de prĂšs au New York City Ballet, et nous nous apprĂȘtons Ă vous en rĂ©vĂ©ler tous ses secrets. Le New York City ballet est une compagnie amĂ©ricaine de spectacles chorĂ©graphiques de danse classique et de danse moderne, mondialement connue, créée en 1948 par M. George Balanchine et Lincoln Kirstein, Ă New York aux Ătats-Unis. Dans cet article, vous dĂ©couvrirez Les histoires et anecdotes concernant la crĂ©ation de cette lĂ©gendaire compagnie amĂ©ricaine de danse Le dĂ©tail des chefs-dâĆuvre créés par Balanchine pour le New York City Ballet Les turpitudes qui ont affectĂ© ce ballet dâexception mondialement connu Vous saurez dorĂ©navant, les moindres dĂ©tails et histoires captivantes concernant le Nyc ballet, et ses Ćuvres magistrales. Vous serez incollable sur le sujet, et sur les noms mythiques qui ont marquĂ© la noble histoire de la danse. Mais nâattendons pas davantage Commençons ! Les prĂ©misses du renommĂ© Ballet de Danse Le New York City Ballet » Avant de dĂ©couvrir les incroyables crĂ©ations du chorĂ©graphe dâexception du NYCB, dĂ©couvrons comment sâest formĂ© le partenariat entre Kirstein et Balanchine. DĂ©butons donc ensemble par passer en revue les sublimes premiĂšres Ćuvres que Balanchine a inventĂ©es, et dont certaines ont connu un succĂšs retentissant Ă Broadway. 1 Les Premiers Chefs-dâĆuvre de Balanchine Le 11 octobre 1998, nous fĂȘtions le 50e anniversaire du New York City Ballet. Or le talentueux George Balanchine avait dĂ©jĂ de magnifiques Ćuvres Ă son actif, avant mĂȘme la crĂ©ation du cĂ©lĂšbre NYC Ballet qui restera toujours dans lâhistoire, comme lâune des Ćuvres majeures du cĂ©lĂšbre chorĂ©graphe Balanchine. Faisons un retour en arriĂšre dans les jeunes annĂ©es de ce dernier pour expliquer les dĂ©buts de son gĂ©nie crĂ©atif et artistique. En 1924, au sein d'un petit groupe itinĂ©rant appelĂ© les Danseurs de lâĂtat soviĂ©tique », qui comprenait sa femme de l'Ă©poque, Tamara Geva, et sa future "Ă©pouse non officielle", la grande ballerine Alexandra Danilova, le jeune Balanchine de 20 ans a fait dĂ©fection. Leur situation est connue de Diaghilev, qui les convoque Ă une audition et les engage tous. Un an plus tard, il fait de Balanchine son chorĂ©graphe en chef, et c'est sous la direction de Diaghilev que Balanchine crĂ©e ses deux premiers chefs-d'Ćuvre, Ă savoir Apollo », en 1928 Fils prodigue », un an plus tard Le premier, avec sa ravissante partition de Stravinski et son Ă©tonnante nouvelle vision du nĂ©oclassicisme, est trĂšs certainement lâun des ballets incontournables du XXe siĂšcle. Outre ses immenses mĂ©rites, Apollo » a une rĂ©sonance particuliĂšre et profonde pour tous les amoureux de la danse, car il s'agit d'un hommage Ă la danse elle-mĂȘme le nouveau-nĂ© Apollo choisit comme partenaire la muse de la danse, Terpsichore, plutĂŽt que Calliope, muse de la poĂ©sie, ou Polyhymnia, muse du mime. En 1967, Balanchine accepte que Rudolf Noureev interprĂšte Apollon », un rĂŽle qui lui sied parfaitement. Un an aprĂšs le ballet nĂ©oclassique nommĂ© Apollo », Diaghilev meurt soudainement, et ses associĂ©s sont dispersĂ©s dans le monde de la danse dans une diaspora malheureuse. Balanchine tombe malade de la tuberculose et passe des mois en cure dans les Alpes françaises. Il ne lui reste plus qu'un seul poumon en Ă©tat de marche et le sentiment de vivre sur un temps empruntĂ©. Il a dit un jour Ă un collĂšgue "Vous savez, je suis vraiment un homme mort." Il Ă©tait Ă©galement sans emploi. Pendant trois ans, il a errĂ© de Paris Ă Londres, de Copenhague Ă Monte-Carlo, crĂ©ant des ballets au fur et Ă mesure des occasions qui se prĂ©sentaient. DĂšs lors, le rĂ©pertoire de Balanchine continue de sâĂ©toffer progressivement et les visites rĂ©guliĂšres de Sadler's Wells avec Margot Fonteyn ainsi que les Classiques, contribuent Ă asseoir les fondements du ballet artistique, avec une esthĂ©tique soignĂ©e comme Balanchine savait si bien le faire. C'est en contemplant les spectacles de cet artiste de renom, que beaucoup ont appris Ă analyser et Ă apprĂ©cier la danse. Un art qui mettait l'accent sur la vĂ©locitĂ© et l'Ă©nergie d'une part, la clartĂ©, la retenue et la stricte obĂ©issance aux ordonnances classiques d'autre part. De trĂšs jeunes danseuses arrivaient et montaient lentement les Ă©chelons pour atteindre des sommets, Ă moins quâelles soient aussi douĂ©es et charismatiques que lâĂ©taient Allegra Kent ou Suzanne Farell. 2 Le partenariat entre Kirstein et Balanchine Lorsque Kirstein s'est approchĂ© de lui Ă l'improviste, cela a dĂ» sembler Ă la fois une bouĂ©e de sauvetage et un fantasme devenu rĂ©alitĂ©. Et les deux hommes formaient un couple trĂšs Ă©trange ; mĂȘme 50 ans plus tard, ils n'Ă©taient pas vraiment Ă l'aise l'un avec l'autre â dâun cĂŽtĂ© Kirstein, physiquement massif, tout en force, en Ă©ruption psychique et Ă©motionnelle, son esprit courant dans une centaine de directions diffĂ©rentes ; dâun autre cĂŽtĂ©, Balanchine, Ă©tait svelte, Ă©lĂ©gant, rĂ©servĂ©, harmonieux. Mais chacun d'eux a dĂ» sentir dans l'autre la seule voie possible afin dâatteindre leurs objectifs respectifs, et pour le reste de leur vie, ils se sont accommodĂ©s les uns aux autres de maniĂšre loyale et profitable. Bien sĂ»r, lorsque Kirstein avait coincĂ© Balanchine dans cette cuisine, il n'y avait pas d'institution en place pour que ce dernier puisse venir, mais Kirstein reconnaissait rarement des obstacles aussi mineurs ; il exploita les ressources financiĂšres de certains de ses amis fortunĂ©s, et la premiĂšre collaboration Balanchine-Kirstein, la School of American Ballet », naquit sur Madison Avenue et la 59e rue dans un studio ayant appartenu Ă Isadora Duncan. Comme Kirstein l'avait envisagĂ©, Balanchine arriva, commença Ă former des danseurs selon ses spĂ©cifications, et en juin 1934, il avait créé son premier chef-d'Ćuvre amĂ©ricain, Serenade » une dĂ©claration profondĂ©ment Ă©mouvante d'un puissant amour romantique. Les douze annĂ©es qui suivirent allaient sâavĂ©rer convaincantes en ce qui concerne les directions artistiques que chacun souhaitait emprunter. Jusqu'Ă l'entrĂ©e de l'AmĂ©rique dans la Seconde Guerre mondiale. Kirstein a continuĂ© Ă crĂ©er de petites troupes de danse pour Balanchine, dont la derniĂšre en date, l'American Ballet Caravan », naquit lorsqu'il a convaincu son ami Nelson Rockefeller, alors au DĂ©partement d'Ătat, d'envoyer une troupe en AmĂ©rique du Sud pour une tournĂ©e culturelle de bonne volontĂ©. Ă cette Ă©poque, Balanchine avait formĂ© sa premiĂšre ballerine amĂ©ricaine importante, une classique d'une force phĂ©nomĂ©nale nommĂ©e Marie-Jeanne, qui lui inspira rapidement deux de ses plus grandes Ćuvres le Concerto Barocco nĂ©oclassique », de Bach, et le Ballet ImpĂ©rial » plus traditionnel rebaptisĂ© plus tard Concerto pour piano n° 2 de TchaĂŻkovski. 3 Balanchine créé des spectacles pour Broadway Il se remet ensuite Ă chorĂ©graphier des comĂ©dies musicales de Broadway quatre spectacles de Rodgers and Hart » avant la guerre On Your Toes », pour sa premiĂšre femme, Tamara Geva ; Babes in Arms » ; I Married an Angel », pour sa femme n° 3, Vera Zorina ; et The Boys from Syracuse-et Cabin in the Sky » et d'autres pendant et aprĂšs et travaille sporadiquement avec la derniĂšre incarnation du Ballet Russe. Dans les annĂ©es 30, Balanchine Ă©tait allĂ© Ă Hollywood pour les numĂ©ros de Zorina dans The Goldwyn Follies » et On Your Toes », et, avec Kirstein, il avait Ă©chouĂ© dans sa tentative de doter le Metropolitan Opera d'une sĂ©rieuse compagnie de danse rĂ©sidente. En d'autres termes, il avait Ă©tĂ© partout et nulle part - rarement en mesure de monter de nouveaux ballets. Plus de quinze ans aprĂšs la mort de Diaghilev, il Ă©tait toujours un homme sans compagnie. De la fin 1941 Ă 1945, la guerre a tout interrompu, et Balanchine n'a pas Ă©tĂ© trĂšs productif durant cette pĂ©riode. Comme on lâimage, cette Ă©poque a Ă©tĂ© extrĂȘmement Ă©prouvante Ă vivre, notamment pour lui, source intarissable de crĂ©ativitĂ©, mais comme Ă son habitude, il a su faire preuve de patience. Une caractĂ©ristique fondamentale, que lui et Kirstein partageaient, c'Ă©tait la vision Ă long terme. Et puis, soudain, les choses ont Ă©voluĂ©. Pour le Ballet Théùtre créé peu de temps auparavant qui devint ensuite l'ABT, il chorĂ©graphie ThĂšme et Variations », destinĂ© au Ballet de l'OpĂ©ra national de Paris, une Symphonie en Do appelĂ©e Le Palais de Cristal » ; Pour le Ballet Russe, La Sonnambula Ă©pouse n°2, Danilova ; et, plus important encore, pour une nouvelle compagnie de Kirstein, Les Quatre tempĂ©raments et OrphĂ©e ». La nouvelle compagnie s'appelait Ballet Society », ses reprĂ©sentations sporadiques ne pouvaient ĂȘtre vues que sur abonnement, et elle n'avait pas de théùtre permanent â Les Quatre tempĂ©raments », l'Ćuvre la plus "moderne" de Balanchine Ă ce jour, a eu sa premiĂšre en 1946 sur la scĂšne connue pour ĂȘtre Ă©troite, et donc peu adaptĂ©e Ă ce type de spectacle, de la Central High School of Needle Trades » de Manhattan. Au printemps 1948, la Ballet Society » se produisait au New York City Center, un ancien temple des Shriners situĂ© sur la 55e rue ouest, que la ville avait repris en lieu et place de taxes impayĂ©es. Le responsable, Morton Baum, a Ă©tĂ© tellement bouleversĂ© par OrphĂ©e », la nouvelle collaboration Stravinsky-Balanchine-Noguchi, qu'il a invitĂ© la compagnie Ă changer de nom et Ă faire du City Center son siĂšge officiel. 4 La Ballet Society devient officiellement le New York City Ballet » En 1948, est officiellement créé le New York City Ballet », anciennement appelĂ© Ballet Society », dans le cadre d'un partenariat avec Monsieur Lincoln Kirstein, riche diplĂŽmĂ© de Harvard, et un exilĂ© Russe sans domicile fixe nommĂ© George Balanchine, et câest ce qui a transformĂ© New York, une ville dĂ©jĂ reconnue mondialement dans de nombreux domaines, en la capitale mondiale de la danse. Lorsque le New York City Ballet », nouvellement baptisĂ©, est revenu au théùtre en octobre, il s'agissait simplement de la Ballet Society » avec un nouveau nom et une adresse permanente. Pourtant, le temps allait montrer que le nouveau nom et la rĂ©sidence garantie Ă©taient cruciaux. DĂšs le dĂ©but de son aventure amĂ©ricaine, l'ambition de Balanchine avait Ă©tĂ© de dĂ©velopper le ballet classique ici, et New York dans les annĂ©es 30 et 40 Ă©tait le cĆur de son AmĂ©rique. Le dynamisme de la ville Ă©tait dâune part, en parfaite adĂ©quation avec sa conception du ballet amĂ©ricain, et dâautre part, un stimulant pour elle. Tout aussi crucial, c'est le public new-yorkais qu'il devait savoir Ă©duquer Ă sa vision artistique, et rĂ©ussir Ă convaincre afin que ses idĂ©es l'emportent. AprĂšs 15 ans passĂ©s dans ce pays, il Ă©tait prĂȘt Ă devenir le New York City Ballet » ; c'Ă©tait le bon nom au bon moment. Et quant au fait d'avoir un vrai chez-soi au bout de 24 ans aprĂšs avoir quittĂ© la Russie, il lui a offert ce qu'il n'avait jamais eu auparavant la stabilitĂ©. Ă partir de 1948, toutes les Ćuvres importantes de Balanchine ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es pour le NYC Ballet ». Ă l'Ăąge de 44 ans, il peut commencer Ă sĂ©rieusement consolider les fondations de lâĆuvre la plus magistrale de sa vie. De 1952 Ă 1954 la compagnie avait atteint un de ses points culminants, puis, aprĂšs la maladie de LeClercq, elle sombra pendant un temps - soulagĂ©e par l'arrivĂ©e d'une sublime ballerine française, Violette Verdy, lâĂ©toile française du New York City Ballet qui non seulement a renforcĂ© considĂ©rablement les rangs de la compagnie mais a fourni Ă Balanchine l'opportunitĂ© de jouer des rĂŽles qui exigeaient son Ă©lĂ©gance gauloise et sa musicalitĂ© suprĂȘme. Ă l'exception de Karin von Aroldingen, Violette Verdy, danseuse Ă©toile dâexception, jugĂ©e par beaucoup comme Ă©tant une des meilleures danseuses, si ce n'est la meilleure danseuse, du NYC Ballet, reste la seule ballerine europĂ©enne Ă ĂȘtre devenue un Ă©lĂ©ment essentiel du City Ballet, contrairement Ă l'impressionnante sĂ©rie de danseurs masculins de premier plan qui ont Ă©tĂ© importĂ©s de la tradition danoise Erik Bruhn, Helgi Tomasson, Adam LĂŒders, Ib Anderson, Nikolaj HĂŒbbe et Peter Martins lui-mĂȘme. Verdy et Melissa Hayden - une dynamo de confiance et d'affirmation, et un Ă©norme succĂšs auprĂšs du public - ont prĂ©sentĂ© le rĂ©pertoire, ainsi que la premiĂšre Ă©toile masculine amĂ©ricaine de Balanchine, le jeune Jacques d'Amboise nĂ© Joseph Jacques Ahearn, charmant et techniquement parfait, dont la virtuositĂ© impressionnait, devint partenaire et mentor de jeunes danseurs. Ce dernier a jouĂ© un rĂŽle central dans la compagnie pendant plus de trois dĂ©cennies. II Le triomphe de la plus grande compagnie de danse amĂ©ricaine au monde Nous avons pu voir les magnifiques compositions artistiques que Balanchine a inventĂ©es avant la crĂ©ation du New York City Ballet. Nous allons donc dĂ©couvrir maintenant les crĂ©ations de en tant que directeur crĂ©atif du Nyc Ballet. Voici les Ćuvres majeures que ce MaĂźtre de Ballet extrĂȘmement talentueux a rĂ©alisĂ©es. 1 La domination du Ballet Russe cĂšde peu Ă peu sa place au Ballet AmĂ©ricain En Mars 1877, la crĂ©ation du ballet du BolchoĂŻ, nommĂ© le Lac des cygnes, un chef dâĆuvre du rĂ©pertoire classique, aux extraordinaires costumes en dentelle. Ă l'image de l'exquis et renommĂ© "Lac des cygnes", et afin de dĂ©couvrir de somptueuses crĂ©ations en dentelle, guipure, broderie, et jabots Ă festons, dĂ©couvrez un univers romantique et dĂ©licats entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă la passementerie ornementale, en visitant la boutique ĂlĂ©gante Dentelle. Initialement inventĂ© par Julius Reisinger au sein du Théùtre BolchoĂŻ Ă Moscou, il est agrĂ©mentĂ© par la musique du cĂ©lĂšbre TchaĂŻkovski, et a connu depuis un succĂšs mondial retentissant, notamment grĂące Ă certains splendides passages en pas de deux. Dans les annĂ©es 1940, c'est encore le ballet Russe qui a fait connaĂźtre la danse classique Ă la plupart des publics amĂ©ricains, notamment les Ćuvres de Mikhail Fokine Les Sylphides, Petrouchka, Spectre de la Rose, Firebird Puis celles de LĂ©onide Massine GaĂźtĂ© Parisienne, Boutique Fantasque. Il sâagissait bien entendu en grande majoritĂ© de danseurs russes. AprĂšs tout, ce sont les lĂ©gendes de Nijinski et de Pavlova qui ont attirĂ© pour la premiĂšre fois les AmĂ©ricains du XXe siĂšcle vers ce magnifique art quâest le ballet. Le Ballet Russe avait sillonnĂ© le pays avec des stars telles que Danilova et les cĂ©lĂšbres "bĂ©bĂ©s ballerines" que Balanchine avait dĂ©couvertes au dĂ©but des annĂ©es 1930 Baronova, Toumanova et Riabouchinska - elles avaient alors 12, 13 et 14 ans. Et le Ballet Théùtre a mis en vedette Alicia Markova nĂ©e Marks Ă consonance russe ainsi que les bĂ©bĂ©s ballerines adultes, la Cubaine Alicia Alonso, et un assortiment de jeunes hommes russes. 2 LâĂre de la Compagnie de Danse US de Balanchine En revanche, la compagnie de Balanchine, Ă l'exception du virtuose AndrĂ© Eglevsky, Ă©tait dĂšs le dĂ©part rĂ©solument amĂ©ricaine, et ce de maniĂšre dĂ©libĂ©rĂ©e. Il voulait des danseurs amĂ©ricains, qui se produisent dans un style qu'il jugeait appropriĂ© au physique et Ă l'Ă©nergie des AmĂ©ricains. Il faudra de nombreuses annĂ©es avant que la majoritĂ© du public new-yorkais n'accepte lâidĂ©e que ces danseurs US, ainsi que leur rĂ©pertoire, soient au niveau de ce que l'Europe avait pu prĂ©senter, et produire jusquâalors. Mais Balanchine, malgrĂ© son talent mondialement reconnu, possĂ©dait Ă©galement ses dĂ©tracteurs, en lâoccurrence le critique du New York Times, John Martin, qui a constamment condamnĂ© les ballets de comme Ă©tant froids et sans intrigue. Le City Ballet Ă©tait considĂ©rĂ© comme un spectacle au style singulier et dĂ©diĂ© Ă une catĂ©gorie spĂ©cifique de spectateurs. Mais en 1949, deux Ă©vĂ©nements se sont produits, et ont provoquĂ© un changement radical Le premier est l'arrivĂ©e en AmĂ©rique du Sadler's Wells », aujourd'hui nommĂ© Royal Ballet d'Angleterre », - et en particulier le triomphe personnel de Margot Fonteyn, dans La Belle au bois dormant », le chef-d'Ćuvre du classicisme créé en 1890 par Piotr Ilitch TchaĂŻkovski et Marius Petipa, le maĂźtre de ballet franco-russe, interprĂšte Ă©mĂ©rite de la BayadĂšre », et qui fut l'une des sources principales dâinspirations de Balanchine au cours de sa vie. L'autre Ă©tait le premier vĂ©ritable succĂšs du City Ballet, la reprise par Balanchine de l'Oiseau de feu » collaboration entre Stravinsky et Fokine, avec lequel Diaghilev et ses Ballets russes avaient fait fureur Ă Paris en 1910. En acquĂ©rant les sublimes dĂ©cors de Chagall, datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, auprĂšs de l'impresario Sol Hurok, Balanchine a accĂ©lĂ©rĂ© le rythme, libĂ©rĂ© sa crĂ©ativitĂ©, et, chose primordiale, a créé une vĂ©ritable Ćuvre magistrale, qui a ravi les critiques et le public. 3 Firebird » et Casse-Noisette » deux ballets au succĂšs fulgurant C'est sa quatriĂšme femme, Maria Tallchief, avec son style vestimentaire original et son passĂ© exotique d'amĂ©rindienne, ses gestes techniques hors pair et sa superbe musicalitĂ©, qui a portĂ© le ballet, faisant de Firebird » un triomphe au box-office, ce qui est remarquable Ă©tant donnĂ©, le contexte, et les conditions difficiles de cette Ă©poque. Avec Firebird, le New York City Ballet » a franchi un cap, et entre ce succĂšs et celui des compagnies de danses anglaises, New York se trouvait alors dans un Ă©lan irrĂ©sistible pour le domaine de la danse. Puis, en 1954, est arrivĂ© le spectacle de Casse-noisette », qui depuis plus de 40 ans reçoit un succĂšs phĂ©nomĂ©nal, pendant des semaines, et ce Ă chaque NoĂ«l. Il a coĂ»tĂ© 80 000 dollars - deux fois plus que ce qui Ă©tait prĂ©vu initialement - mais l'argent a Ă©tĂ© trouvĂ©. Et Balanchine a obtenu des effets visuels saisissants tel quâun arbre majestueux qui pousse comme par magie de plus en plus haut jusqu'Ă dominer complĂštement la scĂšne, tandis que la joyeuse fĂȘte de NoĂ«l du premier acte se transforme en un monde mystĂ©rieux. Des effets scĂ©niques comme celui-ci, dont il se souvenait de son enfance au Théùtre Maryinsky de Saint PĂ©tersbourg - oĂč il avait lui-mĂȘme dansĂ© le petit prince Casse-Noisette - Ă©taient essentiels Ă la vision de Balanchine. Ce dernier avait fait part du fait qu'il ne mettrait pas en scĂšne la Belle au bois dormant », initialement prĂ©sentĂ© au Théùtre Mariinsky de Saint-Petersbourg, parce que le Théùtre d'Ătat ne pouvait pas accueillir les effets spĂ©ciaux qu'il pensait indispensables. DĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1950, il disait Ă Richard Buckle, critique de ballet anglais, et futur biographe, "Ces théùtres ne sont tout simplement pas prĂ©vus pour accueillir les trĂšs grands spectacles, possĂ©dant dâimportants effets visuels, nĂ©cessitant de lâespace et un matĂ©riel adaptĂ©. Balanchine disait En Russie, nous avions l'habitude d'avoir tout un rĂ©giment couchĂ© sous une toile peinte pour faire dĂ©ferler la mer par vagues". 4 Balanchine du classique Ă la danse country amĂ©ricaine Il a chorĂ©graphiĂ© non seulement pour Charles Ives mais aussi pour des chansons folkloriques amĂ©ricaines Western Symphony » 1954 Marche Patriotique de John Philip Sousa Stars and Stripes Forever » 1958 et Gershwin Who Cares ? » plus tard en 1970. Des accents de jazz ont ponctuĂ© son travail, d'Apollo » Ă Concerto Barocco » et "Rubies". On peut voir sur les films, et il est confirmĂ© par des danseurs comme Marie-Jeanne, que Barocco, par exemple, Ă©tait interprĂ©tĂ© de façon beaucoup plus jazzy il y a 50 ans qu'aujourd'hui. Il a fait appel Ă un danseur classique de quadrille pour la version originale de Square Dance, et un grand projet non rĂ©alisĂ© a Ă©tĂ© The Birds of America, d'aprĂšs Audubon. ChorĂ©graphier pour Broadway n'Ă©tait pas seulement un moyen de gagner sa vie ; il aimait le show-business amĂ©ricain - "Rodgers and Hart sont de grands poĂštes" - et en a tirĂ© des leçons "Ă Broadway, j'ai appris Ă plaire au public. Je suis commercial". Il a travaillĂ© non seulement Ă Broadway, mais aussi pour les Ringling Bros., et le cirque Barnum & Bailey. En 1941, il a tĂ©lĂ©phonĂ© Ă Stravinsky en Californie et lui a demandĂ© d'Ă©crire la musique d'un ballet avec des Ă©lĂ©phants. "Quel Ăąge ?" demanda Stravinsky. "TrĂšs jeune." "TrĂšs bien", dit Stravinsky. "Si ce sont de trĂšs jeunes Ă©lĂ©phants, je vais le faire." Le Cirque Polka n'a durĂ© qu'une seule saison pour les Ringling Bros. ; les Ă©lĂ©phants đ ne semblaient pas l'apprĂ©cier. Il est possible qu'ils n'aient pas aimĂ© le tutu bleu pĂąle dont Balanchine, en tant que directeur du ballet, les avait habillĂ©s. Balanchine n'admirait pas seulement Astaire. Il ne tarissait pas dâĂ©loges Ă son sujet "Le danseur masculin que j'aime regarder est un AmĂ©ricain Fred Astaire. C'est le danseur le plus intĂ©ressant, le plus inventif, le plus Ă©lĂ©gant de notre temps". Dans une interview, il a admis que mĂȘme s'il n'Ă©tait pas nerveux de rencontrer Stravinsky pour la premiĂšre fois, "j'Ă©tais nerveux quand j'ai rencontrĂ© Ginger Rogers". Il aimait le fait que Tallchief Ă©tait un AmĂ©rindien, et qu'il portait jusqu'Ă sa mort un bracelet turquoise que sa cousine lui avait offert. Il portait aussi des chemises de western et regardait des westerns et les Untouchables Ă la tĂ©lĂ©vision. Mais il aimait par-dessus tout la façon dont les AmĂ©ricains dansaient "L'AmĂ©rique a son propre esprit - froid, lumineux, dur comme la lumiĂšre. Les bons danseurs amĂ©ricains peuvent exprimer une Ă©motion propre d'une maniĂšre que l'on pourrait presque qualifier d'angĂ©lique". FiĂšrement, il est devenu citoyen amĂ©ricain. Ă lâimage de Balanchine, montrez votre attrait pour les Ătats-Unis avec ces chemises cowboys de danse country 5 La School of American Ballet » lâĂ©cole de Danse du NYCB Mais d'abord une Ă©cole ». L'histoire raconte que lorsque, en 1933, Lincoln Kirstein a demandĂ© Ă Balanchine de venir en AmĂ©rique pour crĂ©er une compagnie de ballet, Balanchine a rĂ©pondu "Mais d'abord une Ă©cole." En d'autres termes, avant de pouvoir crĂ©er de magnifiques spectacles de danse, il fallait avoir de bons danseurs capables de les interprĂ©ter correctement, en ayant suivis des cours de danse par des experts. Et pour avoir de bons danseurs il fallait maitriser la chaĂźne du dĂ©but Ă la fin, en ayant un conservatoire de danse oĂč Balanchine saurait montrer ses talents de professeur de danse, et ainsi jouer Ă merveille son rĂŽle de directeur artistique. Quand il dit "Je voulais venir en AmĂ©rique pour crĂ©er une compagnie amĂ©ricaine", il dit aussi qu'il devait crĂ©er des danseurs amĂ©ricains comme il pensait qu'ils pourraient un jour l'ĂȘtre - non pas en imitant les SoviĂ©tiques, mais avec un style qui insistait sur la vitesse, l'agilitĂ©, l'attaque et, surtout, l'Ă©nergie. Souvenez-vous il appelait son Ă©cole "School of American Ballet", bien que lui et presque tous ses collĂšgues professeurs Ă©taient russes et qu'il n'y avait pas de vĂ©ritable ballet amĂ©ricain. DĂšs le dĂ©but, il voulait de jeunes AmĂ©ricains frais dans ses classes, et il Ă©tait prĂȘt Ă attendre qu'ils se dĂ©veloppent. Ce n'est qu'Ă la fin des annĂ©es 50, voire dans les annĂ©es 60, qu'il a pu compter sur la prĂ©sence de danseurs de premier ordre de l'Ă©cole dans les rangs de la compagnie. Les ballerines comme Diana Adams, Melissa Hayden, Nora Kaye et Janet Reed Ă©taient des importations. Le acadĂ©mie de danse rĂ©putĂ©e, comme le City Ballet lui-mĂȘme, sont maintenant dirigĂ©s par Peter Martins, qui fĂ»t autrefois un premier danseur talentueux, et, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, des danseurs superbement formĂ©s en sortent non seulement pour se rendre au mais aussi dans des compagnies de ballet de tout le pays. MĂȘme la mort rĂ©cente de Stanley William - le grand professeur Danois qui Ă©tait un mentor particuliĂšrement important pour les garçons - a Ă©tĂ© prise de court. L'Ă©cole est le lieu oĂč la continuitĂ© est assurĂ©e, oĂč ce que danseur et chorĂ©graphe, voulait enseigner et transmettre aux jeunes Ă©tait perpĂ©tuĂ© dans la plus pure tradition. Maintenant que nous pouvons commencer Ă Ă©valuer l'ensemble de l'entreprise AmĂ©ricaine de Balanchine d'un point de vue historique, il semble de plus en plus probable que l'Ă©cole - ou plutĂŽt la scolaritĂ© de ce dernier - sera son hĂ©ritage le plus durable et le plus significatif. Le City Ballet s'Ă©panouira ou non. Le rĂ©pertoire de - du moins une partie considĂ©rable de celui-ci - devrait survivre jusqu'au siĂšcle prochain ; il est dansĂ©, avec plus ou moins de succĂšs, non seulement partout en AmĂ©rique mais aussi dans le monde entier. Mais Balanchine n'y comptait pas "Bien sĂ»r, la danse d'aujourd'hui ne durera pas, elle n'a jamais durĂ© avant". Mais Ă moins d'une catastrophe, il semble qu'il n'y ait aucune raison pour que la School of American Ballet ne continue Ă affirmer ses normes dans le domaine de lâenseignement de la danse, tant que le ballet continuera d'ĂȘtre important en AmĂ©rique. Et Balanchine l'a compris dĂšs le dĂ©but. Non seulement "D'abord une Ă©cole ... " , mais, de maniĂšre dĂ©cisive "Je suis un professeur, c'est ma contribution." 6 Le NYC Ballet enchaĂźne les reprĂ©sentations dansantes Ă succĂšs GrĂące au succĂšs phĂ©nomĂ©nal et annuel de Casse-Noisette, le New York City Ballet a trouvĂ© une bonne partie de sa future audience parmi les trĂšs nombreux enfants dont c'Ă©tait le premier spectacle dansant. En 1957 est arrivĂ© Agon », la plus grande des collaborations, aprĂšs Apollo », entre Stravinsky et Balanchine, un des plus grands maĂźtres de ballet du XXe siĂšcle Firebird », lâoiseau de feu, fut lâun des chefs d'Ćuvres les plus rĂ©ussies de Diaghilev, Casse-Noisette », un classique du XIXe siĂšcle rĂ©inventĂ© et mis Ă jour. Agon » semblait revisiter le spectacle dansant dans un registre encore jamais explorĂ© alors. Il a portĂ© les pas de danse classique Ă un niveau nouveau, et a en outre dĂ©frayĂ© la chronique par l'association de la splendide et pĂąle Diana Adams, et de Arthur Mitchell, le beau danseur classique noir qui allait fonder le Dance Theatre of Harlem ». Le public et la critique ont Ă©tĂ© surpris par les innovations de cette dĂ©marche audacieuse pour lâĂ©poque, et le casting inhabituel des danseurs du ballet qui interpella les spectateurs par son audace, en cette annĂ©e 1957. Contrairement Ă certaines Ćuvres d'art rĂ©volutionnaires, Agon » a connu un succĂšs immĂ©diat. Le critique de danse Edwin Denby Ă©crit Ă propos de l'impact Ă©norme sur le public de la soirĂ©e d'ouverture Le balcon s'est levĂ© en criant et en sifflant lorsque le chorĂ©graphe a pris son arc. En bas, les gens sont sortis dans le hall, les yeux brillants comme si la piĂšce avait Ă©tĂ© du champagne ». C'est Agon » qui a donnĂ© lâopportunitĂ© Ă de nombreux grands danseurs de rĂ©aliser que Balanchine Ă©tait en effet un maĂźtre Ă nul autre pareil, et quâil pouvait sâillustrer Ă la perfection dans tous les registres de la danse. Cela semblait ĂȘtre lâapogĂ©e de sa crĂ©ativitĂ© florissante en tant que chorĂ©graphe de renom â Ă lâexception prĂšs quâil y avait encore 25 annĂ©es dâarts chorĂ©graphiques Ă venir. Sept annĂ©es passĂšrent depuis la crĂ©ation du spectacle Agon », et un autre succĂšs vient poindre Ă lâhorizon. Kirstein avait jouĂ© un rĂŽle dĂ©terminant â avec son vieil ami Nelson Rockefeller â dans la crĂ©ation du Lincoln Center for the Performing Arts », et un rouage crucial de ce projet Ă©tait le New York State Theater », conçu par Philip Johnson selon les spĂ©cifications de Balanchine, en tant que directeur de la danse. Au dĂ©but, le théùtre, ce centre chorĂ©graphique dâexception, semblait froid et surfait, loin de lâatmosphĂšre modeste et chaleureuse du centre-ville. Par la suite, ses avantages sont vite devenus Ă©vidents. Il y avait de la place pour les danseurs classiques dans les coulisses ; dans lâancien théùtre, ils sâĂ©taient pratiquement Ă©crasĂ©s contre les murs en sautant hors de la scĂšne. Et la nouvelle scĂšne Ă©tait vraiment grande â si grande que beaucoup dâanciens ballets ont dĂ» ĂȘtre adaptĂ©s en consĂ©quence. LâĂ©poque Ă©tait rĂ©volue oĂč, dans le final de la Symphonie en do, tous les danseurs ne pouvaient pas ĂȘtre entassĂ©s sur la scĂšne et sâenvoler ensuite dans les coulisses. 7 Le Théùtre dâĂtat dĂ©cuple les possibilitĂ©s de crĂ©ation de Balanchine Le Théùtre dâĂtat a rendu rĂ©alisables, les chefs dâĆuvres impressionnants des annĂ©es 60 et 70, comme Joyaux, Don Quichotte, Union Jack, Valse de Vienne. Et dans son hall de promenade Ă lâĂ©tage, il a offert aux spectateurs un espace public extrĂȘmement vaste, probablement un des plus grands de tous les théùtres de New York, et peut-ĂȘtre mĂȘme du monde. Avec son immense espace ouvert, les audacieuses statues blanches gĂ©antes dâElie Nadelman Ă chaque extrĂ©mitĂ©, et le balcon qui prolonge la promenade sur la place, le State Theater » est devenu un vaste lieu dâĂ©change et de partage, pour les danseurs de ballet et les opĂ©rateurs de New York â son espace, sinon son dĂ©cor, est vĂ©ritablement majestueux. Balanchine a créé une sĂ©rie dâĆuvres majeures pendant les annĂ©es du Lincoln Center, mais le plus grand succĂšs de tous est venu de Jerome Robbins » en 1969- Dances at a Gathering ». Cette Ćuvre remarquable â dâune durĂ©e dâune heure et comprenant une sĂ©rie de solos, de duos, de trios et de piĂšces dâensemble interprĂ©tĂ©es par cinq hommes et cinq femmes sur de la musique pour piano de Chopin â a non seulement connu un succĂšs fulgurant mais sâest avĂ©rĂ©e ĂȘtre une rĂ©ussite rĂ©currente pour le rĂ©pertoire. Ce fut Ă©galement un triomphe personnel pour Robbins, qui revenait de sa formidable carriĂšre Ă Broadway The King and I », West Side Story », Fiddler on the Roof » Robbins effectuait un retour au ballet classique non pas comme un fils prodigue, rĂŽle dans lequel il avait excellĂ© en lâinterprĂ©tant pour Balanchine au dĂ©but des annĂ©es 50, mais cette fois comme un vĂ©ritable partenaire. Quelques annĂ©es auparavant, Robbins sâĂ©tait illustrĂ© au Ballet Theatre avec Fancy Free », un rĂ©cit joyeux et explosif de trois marins en permission Ă New York en pĂ©riode de guerre. Puis il avait Ă©largi son registre Ă la comĂ©die musicale avec On the Town », et plus tard il avait rejoint le City Ballet », oĂč il a produit une sĂ©rie de succĂšs qui ont durĂ© dans le temps Afternoon of a Faun, The Concert, et The Cage. Ce dernier Ă©tant un drame poignant dans lequel une reine insecte sâavĂšre bien plus mortelle que le mĂąle. Robbins Ă©tait extrĂȘmement exigeants envers ses collaborateurs, et ses mĂ©thodes Ă©taient connues pour ĂȘtre Ă©prouvantes, contrairement aux adaptations faciles de Balanchine aux forces et faiblesses dâun interprĂšte â mais ses ballets complĂ©taient avec bonheur ceux de Balanchine, de style nĂ©o-classique ou nĂ©oclassique », les deux orthographes sont admises, donnant au City Ballet lâincroyable privilĂšge dâavoir deux illustres chorĂ©graphes de renom en rĂ©sidence. Robbins a continuĂ© Ă faire des danses pour le City Ballet jusquâĂ sa mort. 8 Le Festival Stravinsky Balanchine honore le maĂźtre musical quâil admirait Enfin, en 1972, le Festival Stravinsky a eu lieu, pour marquer le premier anniversaire de la mort du compositeur et ce qui aurait Ă©tĂ© son 90e anniversaire. Stravinsky fut sans aucun doute la principale influence musicale sur Balanchine, lâhomme quâil admirait le plus et quâil souhaitait le plus satisfaire. M. Stravinsky me procure des moments merveilleux, et jâaime y nager ... Il Ă©tait comme Einstein, personne ne sera plus jamais comme lui. » Pour cĂ©lĂ©brer le MaĂźtre, il dĂ©cida donc de lui consacrer un festival dâune semaine, prĂ©sentant non seulement les anciens ballets mais aussi une sĂ©rie de nouvelles piĂšces, de sa conception. Dâautres illustres chorĂ©graphes rĂ©sidents participaient Ă©galement Ă la fĂȘte tels que Robbins, son associĂ© de longue date, et John Taras un autre grand danseur de qualitĂ©. Ignorant Ă lâĂ©poque le coĂ»t supplĂ©mentaire que cela engendrer 130 000 dollars, il a fermĂ© le théùtre pour une semaine de rĂ©pĂ©titions â il nây avait pas dâautre moyen de prĂ©parer une trentaine de ballets en si peu de temps. Kirstein a comparĂ© la pĂ©riode de rĂ©pĂ©tition Ă un dĂ©barquement miniature en Normandie ». Lâeffet sur le rĂ©pertoire et la rĂ©putation de Balanchine a Ă©tĂ© permanent. Sâil y a un Ă©vĂ©nement qui lâa canonisĂ© comme le plus grand chorĂ©graphe du siĂšcle, un artiste dâune portĂ©e et dâune maĂźtrise tout Ă fait extraordinaires, câest bien le Festival Stravinski. Plus tard, Richard Poirier Ă©crira dans The Atlantic Monthly Dans lâhistoire du ballet, Balanchine au State Theater de New York est lâĂ©quivalent de Shakespeare au Globe de Londres ». Je soupçonne que mĂȘme dans son esprit, ce fut lâĂ©vĂ©nement le plus marquant dâune vie artistique. Depuis 1972, il y a eu de nouveaux ballets, de nouveaux festivals, de nouveaux succĂšs, mais pas dâautres succĂšs fulgurants. Peut-ĂȘtre nâĂ©taient-ils plus nĂ©cessaires. La compagnie Ă©tait dĂ©jĂ fermement Ă©tablie au sommet de la vie culturelle amĂ©ricaine et Ă©tait admirĂ©e dans le monde entier. Il avait fallu attendre 25 ans pour atteindre ce niveau dâexception. Dâune façon plus gĂ©nĂ©rale, depuis 1970 la ville de New York a su Ă©galement sâadapter et proposer Ă©galement des spectacles de danses contemporaines. De plus, bien aprĂšs, de nombreux danseurs dâexceptions ont vu le jour, comme la soliste Sara Adams, et jonathan Stafford, le danseur Ă©toile qui est actuellement directeur artistique au New York City Ballet, et Ă la School of American Ballet. Le New York City Ballet a marquĂ© de son empreinte inimitable, lâOpĂ©ra Bastille de Paris avec un rĂ©pertoire variĂ© et des spectacles Ă couper le souffle. De mĂȘme, plus tard, le Palais Garnier a reçu Ă de nombreuses reprises des reprĂ©sentations du New York City Ballet, pour une reprĂ©sentation hommage notamment, appelĂ©e Jewels », en 2017. NĂ© en 1977, Benjamin Millepied est le deuxiĂšme, aprĂšs Violette Verdy, Ă faire honneur Ă la danse française et Ă sâĂȘtre illustrĂ© en devenant danseur Ă©toile au sein du NYC Ballet. Titre honorifique rĂ©compensant les meilleurs danseurs. RĂ©cemment une artiste nommĂ©e Indiana Woodward qui a rejoint le New York City Ballet en 2012, et qui a Ă©tĂ© promue en 2017, comme une des meilleures solistes de sa gĂ©nĂ©ration III La prestigieuse compagnie US de spectacles de danse face aux turpitudes Enfin, voici les difficultĂ©s que Balanchine a subi au cours de sa vie. Puis, les Ă©preuves auxquelles la compagnie de danse US a dĂ» faire face, et quâelle a su surmonter en sâadaptant et en intĂ©grant de nouveaux Ă©lĂ©ments talentueux. 1 Balanchine une Vie JonchĂ©e dâEmbĂ»ches Pour les proches du New York City Ballet », l'histoire de la compagnie est une longue saga familiale. Une grande partie du drame est venue de l'observation de danseurs individuels se dĂ©veloppant sous la direction de Balanchine, rĂ©sultat de son incroyable capacitĂ© Ă cultiver le talent jusqu'Ă sa rĂ©alisation, sauf bien sĂ»r, lorsque la nature humaine - ou une calamitĂ© - s'y oppose. Ce sont ces Ă©ruptions de calamitĂ© et de nature humaine rampante qui ont fourni l'autre type de drame, qui allait des commĂ©rages Ă la tragĂ©die. Et parce que la famille de Balanchine est devenue notre famille au fil des ans, ces Ă©vĂ©nements ont affectĂ© Ă©galement son public de fervents admirateurs. Les dĂ©buts de la vie de Balanchine ont Ă©tĂ© marquĂ©s par dâinnombrables difficultĂ©s. Il n'a pas Ă©tĂ© facile de l'installer Ă l'Ă©cole de ballet du Théùtre ImpĂ©rial Ă l'Ăąge de 9 ans - et, en rĂ©alitĂ©, il s'est enfui de l'Ă©cole peu aprĂšs son arrivĂ©e. Il n'Ă©tait lĂ que par accident, en tout cas il Ă©tait destinĂ© Ă une carriĂšre dans la marine, mais sa mĂšre l'a emmenĂ© par hasard tandis que sa sĆur auditionnait et on lui a demandĂ© de passer une audition Ă©galement. Il avait Ă©tĂ© confrontĂ© Ă une quasi famine dans la pĂ©riode post-rĂ©volutionnaire de Petrograd et Ă une tuberculose quasi mortelle. Et il Ă©tait Ă©motionnellement vulnĂ©rable - quand en 1945 sa troisiĂšme femme, la belle Vera Zorina, l'a quittĂ©, il Ă©tait dĂ©semparĂ© ; un ami de cette Ă©poque se souvient de lui en pleurs incontrĂŽlables, jour aprĂšs jour. 2 les drames et scandales du New York City Ballet Mais ces mauvaises expĂ©riences de la vie Ă©taient derriĂšre lui au moment oĂč le New York City Ballet » a vu le jour. Ses premiĂšres annĂ©es manquaient de stabilitĂ© financiĂšre, mais ce fut une pĂ©riode d'expansion, d'excitation et d'Ă©panouissement. Le dĂ©sastre frappe lorsquâen 1956 sa derniĂšre femme - la jeune, belle et pleine d'esprit ballerine Tanaquil LeClercq - a contractĂ© la polio alors que la compagnie se produisait Ă Copenhague, et elle devait rester paralysĂ©e jusqu'Ă la taille. Le fait qu'une personne si exceptionnellement douĂ©e et charmante soit si affligĂ©e Ă©tait dĂ©jĂ assez terrible ; Qu'elle soit la femme de Balanchine, une danseuse centrale du rĂ©pertoire et sur laquelle il avait créé de nombreux rĂŽles importants, le plus cĂ©lĂšbre Ă©tant celui de la fille condamnĂ©e qui danse avec la Mort dans La Valse, fut un coup dĂ©vastateur pour toute l'entreprise et pour ses adeptes. Balanchine est restĂ© avec sa femme au Danemark jusqu'Ă ce qu'elle soit assez bien pour ĂȘtre ramenĂ©e Ă la maison, et sâest Ă©loignĂ© du monde dans la danse pendant un annĂ©e entiĂšre - une pĂ©riode de deuil et d'incertitude pour tout le monde. Il se sentait irrationnellement coupable parce que lorsque "Tanny" avait 15 ans, il l'avait reprĂ©sentĂ©e dans un court ballet pour une soirĂ©e de charitĂ© de la Marche des dix sous, dans lequel une sinistre silhouette en noir s'Ă©tait prĂ©sentĂ©e et l'avait frappĂ©e de polio, prĂ©figurant son destin personnel. Le violoniste Nathan Milstein, qui voyait frĂ©quemment les Balanchines pendant cette triste pĂ©riode, le dĂ©crivait comme ayant Ă©tĂ© "mari, pĂšre, mĂ©decin, nourrice" pour sa femme affligĂ©e par la maladie. L'histoire de LeClercq ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e que comme une tragĂ©die, mais l'histoire de chaque ballerine est une sorte de drame, ne serait-ce que parce que, tĂŽt ou tard, la danse doit s'arrĂȘter - gĂ©nĂ©ralement bien avant que la volontĂ© de danser ne disparaisse. Le drame qui affectait Balanchine et ses ballerines Ă©tait particuliĂšrement fort, parce que les relations entre eux Ă©taient gĂ©nĂ©ralement trĂšs intenses Ă©motionnellement, impliquant l'art, la collaboration, la carriĂšre et, parfois, l'amour et le mariage. On peut considĂ©rer toute sa vie et son art comme une recherche de la femme idĂ©ale, qui serait aussi, par dĂ©finition, la danseuse idĂ©ale, c'est-Ă -dire la danseuse sur laquelle et avec laquelle il pourrait rĂ©aliser ses plus grandes ambitions crĂ©atives. 3 Balanchine ses liens affectifs avec ses balerines La premiĂšre ballerine sur laquelle il a jetĂ© son dĂ©volu fut Tamara Toumanova, la gracieuse "baby ballerine" dont il avait fait la connaissance en 1931. Il avait voulu l'Ă©pouser, mais la cĂ©lĂšbre Mama Toumanova dĂ©cida que Tamara Ă©tait bien trop jeune. Tout une sĂ©rie de danseuse finira par le rejeter, que ce soit sur le plan amoureux ou bien professionnel, parmi lesquelles Marie-Jeanne, Zorina, Diana Adams et Tallchief ; Chacune dâelles se mariera avec un autre homme et aura des enfants - ce que Balanchine se refusait Ă faire. Sa relation avec la jeune danseuse sur laquelle il s'est focalisĂ© au milieu des annĂ©es 50 Ă©tait atypique, mais elle l'Ă©tait Ă©galement. La sublime, douĂ©e et fantasque Allegra Kent lui a inspirĂ© la crĂ©ation ou la reprise d'une sĂ©rie de rĂŽles dans lesquels elle restait l'objet innocent du dĂ©sir - quelles que soient les passions qu'elle Ă©voquait chez les autres, Kent elle-mĂȘme en sortait toujours indemne. Sa carriĂšre a Ă©tĂ© la plus Ă©trange de toutes les ballerines de Balanchine. Elle Ă©tait un instrument entre ses mains, elle rĂ©sistait Ă son autoritĂ© ; elle avait un superbe physique, mais elle Ă©tait lĂ©gĂšrement en surpoids pour une danseuse de cette envergure. Elle a eu un enfant, avec son mari, le photographe Bert Stern, et est revenue pour danser ; un autre enfant, un autre retour ; un troisiĂšme enfant, un troisiĂšme retour. Pendant 30 ans, elle est venue et repartie, disposant dâun traitement de faveur auprĂšs de Balanchine. Elle Ă©tait la fille prodigue. Et pour son public, toujours la mĂȘme question qui revenait avant chaque spectacle chorĂ©graphique "Est-ce que Allegra fait partie des danseuses cette annĂ©e ?". Mais ce que Balanchine souhaitait le plus, et n'avait jamais rĂ©ussi Ă obtenir, Ă©tait une muse qui danserait toujours. Elle devait arriver Ă la School of American Ballet » en 1960 - sans doute le profondĂ©ment religieux Balanchine aurait-il dit qu'elle avait Ă©tĂ© envoyĂ©e par Dieu - et son art, sa personne et sa carriĂšre allaient transformer et bouleverser le New York City Ballet ». Elle venait de Cincinnati et s'appelait Roberta Sue Ficker, bientĂŽt remplacĂ©e par Suzanne Farrell. Diana Adams, en tournĂ©e dans le pays dans le cadre d'une recherche de talents financĂ©e par la Fondation Ford », l'avait dĂ©couverte et lui avait proposĂ© d'auditionner pour M. B. BĂ©nĂ©ficiant d'une bourse complĂšte Ă l'Ă©cole, elle fut rapidement intĂ©grĂ©e Ă la compagnie et trĂšs vite l'objet de l'intĂ©rĂȘt de Balanchine. Elle Ă©tait belle et talentueuse, mais elle avait aussi une profonde musicalitĂ© et une puissante intelligence de la danse. DĂšs le dĂ©but, il Ă©tait clair qu'elle Ă©tait prĂȘte Ă tout essayer, Ă tout faire, Ă ĂȘtre tout ce dont il avait besoin. "S'il pensait que je pouvais faire quelque chose, je le croirais", a-t-elle Ă©crit dans son autobiographie de 1990, "Holding on the Air", souvent Ă l'encontre de mon propre raisonnement. Je lui faisais confiance pour ne pas me laisser ĂȘtre une idiote, mais plutĂŽt un outil, un instrument entre ses mains. En bref, je lui ai confiĂ© ma vie". Et encore "Offrir moins plutĂŽt que plus n'Ă©tait pas une possibilitĂ© pour moi, c'Ă©tait la mort." VoilĂ enfin le danseur dont l'engagement Ă©tait aussi passionnĂ© et total que le sien. Violette Verdy, la plus analytique des ballerines du City Ballet, a dĂ©clarĂ© au sujet de Suzanne Farell Parfois, je reconnais le plus pur style de Balanchine quand je la regarde." En 1963, un nouveau ballet â les Mouvements pour piano et orchestre » - est rĂ©pĂ©tĂ© par Adams et le danseur de ballet principal de la compagnie, Jacques d'Amboise, sur une nouvelle partition de Stravinsky. 4 lâascension et la dĂ©chĂ©ance dâune danseuse dâexception Suzanne Farell Adams tombe enceinte et doit se retirer, et Ă la demande de d'Amboise, le rĂŽle est confiĂ© Ă Farrell, qui n'a pas encore 18 ans et qui est toujours dans le corps de ballet. Adams et d'Amboise lui enseignent le rĂŽle dans le salon d'Adams, sans musique, et quelques jours plus tard, Farrell passe lâaudition, avec Balanchine et Stravinsky comme jury, lors d'une rĂ©pĂ©tition pour laquelle elle est en retard Ă cause d'un examen d'algĂšbre Ă l'Ă©cole ! Farrell triomphe dans Mouvements », et peu aprĂšs Balanchine rĂ©alise son premier ballet spĂ©cialement pour elle â MĂ©ditation », un duo trĂšs Ă©motionnel dans lequel un homme plus ĂągĂ© d'Amboise encore Ă©voque en mĂ©moire une jeune femme qu'il a aimĂ©e. Une dĂ©claration d'amour aussi explicite pour une telle nouvelle venue ne pouvait pas passer inaperçue, et bientĂŽt ce que tout le monde soupçonnait se confirmait Balanchine avait complĂštement cĂ©dĂ© aux pouvoirs de Farrell. S'il fallait d'autres preuves, ce serait deux ans plus tard avec son ballet en trois actes Don Quichotte ». Le vieux Don, Ă la fois confus et noble, est inspirĂ©, soignĂ© et sĂ©duit par sa servante Dulcinea, symbole de puretĂ© et de sensualitĂ©. Lors de la premiĂšre reprĂ©sentation, Balanchine lui-mĂȘme incarna Don Quichotte, et il Ă©tait Ă©vident qu'il ne dansait pas seulement avec Farrell mais bien pour Farell. C'Ă©tait Ă la fois un couronnement, il l'appelait "princesse d'albĂątre", et une dĂ©claration. En dehors de la scĂšne, l'expression des sentiments de Balanchine envers Farell Ă©tait tout aussi limpide. Chaque soir, il se tenait dans les coulisses du théùtre pour la regarder, et lorsque le ballet dans lequel elle se produisait Ă©tait terminĂ©, il quittait le théùtre avec elle, ignorant les danses et les danseurs qui suivaient. Elle a jouĂ© tous les grands rĂŽles, anciens et nouveaux, qu'elle pouvait espĂ©rer interprĂ©ter. Naturellement, sa position privilĂ©giĂ©e suscitait du ressentiment, tant de la part des danseuses dĂ©jĂ Ă©tablies que des autres jeunes ballerines qui espĂ©raient attirer l'attention de M. B. Ainsi, la combinaison de la possessivitĂ© et de l'obsession de Balanchine conjuguĂ©es Ă la rĂ©serve naturelle de Farrell, isolaient cette derniĂšre du reste de la compagnie. Plusieurs danseurs seniors sont partis, en exposant trĂšs clairement leurs raisons lorsque Patricia Neary a dĂ©missionnĂ©, Balanchine lui a dit "J'ai le droit d'aimer". "Tu devrais aimer les quatre-vingts d'entre nous" fut sa rĂ©ponse. Maria Tallchief, pendant une douzaine d'annĂ©es la prima ballerine non proclamĂ©e du City Ballet, a fait la cĂ©lĂšbre remarque suivante "Cela ne me dĂ©range pas d'ĂȘtre classĂ©e par ordre alphabĂ©tique, mais cela me dĂ©range d'ĂȘtre traitĂ©e par ordre alphabĂ©tique". Balanchine est restĂ© impassible. Non seulement Farrell Ă©tait sa princesse d'albĂątre, mais elle Ă©tait aussi son "poisson-chat" - et pas n'importe quel chat ou n'importe quel poisson, a expliquĂ© Farrell. Le chat Ă©tait un guĂ©pard, pour la vitesse ; le poisson Ă©tait un dauphin, pour l'intelligence. AprĂšs une reprĂ©sentation de Don Quichotte un soir, il dit Ă Richard Buckle "J'ai vu toutes les danseuses, et il n'y en a jamais eu une comme elle. Elle peut tout faire". Leur relation personnelle s'est intensifiĂ©e. Ils Ă©taient constamment ensemble, avec l'approbation de la mĂšre de Farrell qui, contrairement Ă Mama Toumanova, avait encouragĂ© la relation dĂšs le dĂ©but. Mais la passion de Balanchine pour Farrell et son amour pour lui n'Ă©taient apparemment pas consommĂ©s physiquement. Il Ă©tait toujours mariĂ© Ă LeClercq, et Farrell Ă©tait une catholique fervente. Mais il avait Ă©galement 41 ans de plus qu'elle, malgrĂ© sa vitalitĂ©, et son charme, un homme d'un Ăąge avancĂ©. Peut-ĂȘtre avait-elle le sentiment d'ĂȘtre non seulement une princesse d'albĂątre mais aussi une princesse emprisonnĂ©e ». Pour toutes sortes de raisons, son dĂ©sir pour elle grandit et la rĂ©sistance de Farell persista. De toutes les relations avec des femmes inaccessibles qu'il idĂ©alisait et qu'il ne pouvait finalement pas obtenir, celle-ci Ă©tait la plus reprĂ©sentative car tant de choses Ă©taient en question sur un point de vue artistique, tragique parce que maintenant il devait se sentir rejetĂ© comme un vieil homme. Avec ses danseuses, sur scĂšne comme en dehors, nâavait quâun seul but mener la danse. Farrell rationalise la situation de cette façon "Balanchine avait besoin de chorĂ©graphier pour vivre, tout comme j'avais besoin de danser pour vivre. Aucun de nous n'avait besoin d'ĂȘtre mariĂ© pour vivre". Lorsqu'elle est tombĂ©e amoureuse d'un jeune danseur de la compagnie, Paul Mejia, et qu'elle l'a Ă©pousĂ©, la situation est devenue intolĂ©rable. Balanchine, dans son angoisse, a enlevĂ© des rĂŽles Ă Mejia, et Farrell a soutenu son mari. Un soir, alors qu'on lui refusait un rĂŽle qu'il avait dĂ©jĂ dansĂ©, Farrell envoya un ultimatum Ă Balanchine si Paul ne dansait pas ce soir-lĂ , ils dĂ©missionneraient tous les deux. Sa vision de sa relation avec Ă©tait la suivante danseuse et chorĂ©graphe, ni plus, ni moins. Balanchine a ignorĂ© son avertissement, l'a Ă©galement retirĂ©e du programme, et Farrell a quittĂ© la compagnie. Ă tous les niveaux, ce fut un traumatisme profond - pour elle, pour Balanchine et pour le New York City Ballet dans son ensemble, qui, depuis une demi-douzaine d'annĂ©es, avait Ă©tĂ© dominĂ© par sa prĂ©sence. C'Ă©tait en 1969, et les annĂ©es suivantes devaient ĂȘtre une pĂ©riode de dĂ©solation artistique et personnelle pour Balanchine. Les rangs des danseuses du NYC Ballet Ă©taient clairsemĂ©s, les ballerines plus ĂągĂ©es Ă©taient soit parties, soit n'Ă©taient plus Ă leur apogĂ©e techniquement et physiquement parlant, et les plus jeunes n'Ă©taient pas complĂštement aguerries. 5 Patricia Mcbride une danseuse de Ballet au style amĂ©ricain typique Pendant ces annĂ©es, la compagnie a Ă©tĂ© soutenue dans une large mesure par une danseuse dont le style Ă©tait aux antipodes de celui de Farrell, par son look et son tempĂ©rament, lâĂ©tonnante Patricia McBride, une grande danseuse et une reprĂ©sentation fidĂšle de la jeune fille traditionnelle et typiquement amĂ©ricaine. Elle Ă©tait de petite taille, de faible corpulence, dynamique, et aussi indispensable Ă Robbins qu'Ă Balanchine. On lui avait confiĂ© le rĂŽle central de femme dans Dances at a Gathering », qui, ironiquement, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en premiĂšre le soir mĂȘme oĂč Farrell a quittĂ© la compagnie. La premiĂšre grande Ćuvre de Balanchine aprĂšs le dĂ©part de Farrell â Who Cares ? », sur des chansons de Gershwin - a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e triomphalement Ă McBride. Elle avait quelques annĂ©es auparavant formĂ© une splendide Ă©quipe avec le tout aussi Ă©nergique et douĂ© Edward Villella. Patty McBride, plus que toute autre ballerine dans l'histoire du New York City Ballet, avait l'art de sĂ©duire son audience - ils l'aimaient tout simplement, et pour de bonnes raisons. Sa nature heureuse et apparemment simple, rĂ©vĂ©lĂ©e par sa danse claire mais expressive, Ă©tait la solution idĂ©ale pour une troupe de danse traumatisĂ©e et un public dĂ©concertĂ©. L'autre ballerine extrĂȘmement talentueuse qui a Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e pendant cette rude pĂ©riode Ă©tait Gelsey Kirkland, qui fĂ»t une premiĂšre danseuse » de haute volĂ©e, dont lâinnocence et la douceur apparente dissimulaient une technique hors pair. Lors d'une rĂ©pĂ©tition de CoppĂ©lia », elle Ă©tait second rĂŽle, derriĂšre McBride, tandis quâelle Ă©tait cĂ©lĂšbre pour ses propres reprĂ©sentations de CoppĂ©lia avec le Ballet Russe. Peu aprĂšs, elle allait partir danser avec Baryshnikov Ă l'American Ballet Theatre » et cela fut fatal pour sa carriĂšre. Dans son autobiographie, Dancing on My Grave », elle rend responsable Balanchine pour une grande partie de ce qui lui est arrivĂ©. 6 Balanchine focalise son attention sur de nouvelles danseuses Gelsey Kirkland fut trĂšs probablement la seule ballerine qui ait exprimĂ© autre chose que de la crainte et de l'amour pour lui. AprĂšs que Farrell ait quittĂ© le New York City Ballet, Balanchine a dĂ» se focaliser sur les nouveaux arrivants, et les deux qu'il a choisi de mettre en avant Kay Mazzo et Karin von Aroldingen devaient sâinvestir pleinement dans leur nouveau rĂŽle. En effet, avec cette danseuse de nationalitĂ© Allemande, Karin von Aroldingen, il allait vivre sa derniĂšre relation significative sur le plan affectif. Il a jouĂ© des rĂŽles exceptionnels pour les deux femmes, et aujourd'hui Mazzo est co-prĂ©sident avec Peter Martins du corps enseignant de l'Ă©cole de l'American Ballet, tandis que von Aroldingen, qui a hĂ©ritĂ© des droits sur un certain nombre de ses Ćuvres, met en scĂšne des ballets et aide Ă gĂ©rer le George Balanchine Trust. Cinq ans plus tard Balanchine retrouve un Ă©quilibre et Farrell reste en exil, et travaille majoritairement avec la sociĂ©tĂ© Maurice BĂ©jart Ă Bruxelles. Les aficionados de Farrell dĂ©couvrent le rĂ©pertoire de BĂ©jart oĂč elle sâĂ©panouie partiellement. En effet, son style Ă©tait davantage destinĂ© au registre créé par Balanchine. Au cours de l'Ă©tĂ© 1974, elle lui a Ă©crit "Cher George, aussi merveilleux que ce soit de voir tes ballets, c'est encore plus merveilleux de les danser. Est-ce impossible ? Je t'aime, Suzi." En janvier 1975, elle, mais pas son mari, Paul, Ă©tait de retour dans la cĂ©lĂšbre compagnie de danse amĂ©ricaine. La relation personnelle n'a plus jamais Ă©tĂ© ce qu'elle Ă©tait, mais le partenariat artistique a repris, et une fois de plus Balanchine faisait preuve de gĂ©nie pour lâaider Ă rĂ©aliser le sien. Il a continuĂ© Ă le faire jusqu'Ă la fin, pour aboutir Ă son dernier chef-d'Ćuvre, Mozartiana », en 1981. Farrell Ă©crira plus tard "C'est parce que ce ballet existait que j'ai pu survivre Ă la mort de l'homme qui l'a créé". Le retour de Farrell au City Ballet a tout changĂ©, tout comme sa domination initiale sur ce ballet, et son dĂ©part l'a Ă©galement fait. Elle dansait avec plus de profondeur et de beautĂ© que jamais auparavant. Il est facile de supposer que l'exil et les difficultĂ©s l'ont fait mĂ»rir, mais peut-ĂȘtre que c'est le fait d'ĂȘtre seule, sans Balanchine, qui l'a fait - ou peut-ĂȘtre qu'elle a simplement grandi, en tant que personne et en tant qu'artiste ; AprĂšs tout, elle n'avait que 23 ans lorsqu'elle a quittĂ© la compagnie. A son retour, Farell dansa merveilleusement bien. Kirstein dĂ©clara, lors de l'une des premiĂšres reprĂ©sentations de retour de Farell "Cela signifie que les cinq prochaines annĂ©es sont sĂ»res. Mais c'est Delia Peters, l'une des dirigeantes de la compagnie, qui a eu le dernier mot sur l'histoire de Farrell "Le retour de Suzanne est la meilleure chose qui nous soit arrivĂ©e depuis qu'elle est partie." 7 Joseph Duell Danseur ĂmĂ©rite au Destin Tragique Si l'histoire de Farrell a eu une fin heureuse, l'histoire du jeune et prometteur artiste promu Ă une exceptionnelle carriĂšre de danseur principal, Joseph Duell, Ă elle eu une fin tragique, la plus triste depuis la maladie de LeClercq. En 1986, ce dernier s'est jetĂ© Ă la mort, nu, depuis la fenĂȘtre de son appartement. Le retentissement fut dĂ©vastateur pour la compagnie, dĂ©sormais dirigĂ©e par Peter Martins. Joe et son frĂšre aĂźnĂ©, Daniel, Ă©taient venus Ă l'Ă©cole alors qu'ils Ă©taient de jeunes garçons et avaient rapidement Ă©tĂ© choisis par Kirstein afin de devenir de futurs leaders potentiels au sein de la compagnie. En effet, ils se sont rapidement distinguĂ©s comme des danseurs hors pair, et ils Ă©taient parmi les rares membres du NYC Ballet Ă ĂȘtre rencontrĂ©s rĂ©guliĂšrement lors des rĂ©ceptions chez Kirstein. En dehors de la scĂšne, Joe Duell Ă©tait d'une politesse sans faille et trĂšs intelligent ; sur scĂšne, il Ă©tait beau, fiable, un excellent partenaire. Et dans les annĂ©es 1980, il commençait Ă crĂ©er des spectacles dansants avec brio. Mais hĂ©las, sâest Ă©bruitĂ© Ă son sujet, une histoire d'instabilitĂ©. Son Ă©tat psychique s'est progressivement dĂ©gradĂ© et, et il fĂ»t admis dans un hĂŽpital pour une importante dĂ©pression. La plupart des membres de la compagnie ignoraient Ă quel point il Ă©tait devenu gravement atteint moralement. La majeure partie de l'amertume qui a suivi son dĂ©cĂšs est venue du fait que Joseph Duell qui Ă©tait un excellent danseur, aurait pu ĂȘtre secouru si la gravitĂ© de sa situation avait Ă©tĂ© portĂ©e Ă l'attention de la direction. Au moment du suicide de Duell, l'adversitĂ© suprĂȘme avait dĂ©jĂ frappĂ© La mort de Balanchine, mĂȘme si elle ne surprit personne. Sa santĂ© Ă©tait mauvaise depuis de longues annĂ©es - crise cardiaque, opĂ©ration Ă cĆur ouvert, graves problĂšmes oculaires et, sans doute le pire pour lui, une perte de vitalitĂ© et de capacitĂ© Ă exprimer clairement Ă ses danseurs ce qu'il attendait d'eux. 8 Les derniers jours de Balanchine au sein du NYCB Lorsque MikhaĂŻl Baryshnikov a rejoint la compagnie en 1978, par exemple, M. B. ne pouvait pas lui faire un ballet. Ils pouvaient Ă©changer en russe, de l'Ă©cole, et de la compagnie de Saint-PĂ©tersbourg, dont ils Ă©taient tous deux issus, mais il Ă©tait trop tard pour qu'ils puissent collaborer ensemble. Bien que Balanchine se soit remis de son opĂ©ration cardiaque, il est lentement devenu Ă©vident que sa mĂ©moire et ses facultĂ©s physiques Ă©taient dĂ©faillantes. Il fut hospitalisĂ©, et un long et douloureux processus de dĂ©tĂ©rioration s'installa. Ses danseurs et ses amis sont venus encore et encore s'asseoir Ă son chevet jusqu'Ă ce que, le 30 avril 1983, ce soit terminĂ©. AprĂšs sa mort, sa maladie fut diagnostiquĂ©e comme un trouble neurologique rare, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais ce dont il est rĂ©ellement mort Ă©tait hors de propos l'homme qui avait formĂ© tant de gĂ©nĂ©rations de danseurs du City Ballet, leur avait fourni leur rĂ©pertoire, les avait employĂ©s, les avait guidĂ©s - leur avait donnĂ©, en substance, leur vie - n'existait plus. Il ne s'Ă©tait jamais intĂ©ressĂ© Ă l'avenir ; le ballet n'existait pour lui qu'au moment oĂč il Ă©tait dansĂ© Nous sommes maintenant dans cette pĂ©riode oĂč les gens disent "Oh, mon Dieu, que se passera-t-il quand vous partirez ?" Mais tout le monde part... Ce ne serait pas bien dans cinquante ans de faire ce que nous faisons maintenant. Ce sera autre chose." Pourtant, cette approche philosophique n'est pas trĂšs rĂ©confortante. Lors du majestueux service funĂšbre dans l'Ă©glise orthodoxe russe oĂč il a cĂ©lĂ©brĂ©, bondĂ© de ses ex-femmes, de ses danseurs passĂ©s et prĂ©sents, de ses collĂšgues et admirateurs, il ne pouvait y avoir que peu de gens qui ne regardaient pas avec anxiĂ©tĂ© vers l'avenir. Ils ont compris Ă quel point un ballet artistique est fragile. Si la compagnie et son rĂ©pertoire devaient se dĂ©sintĂ©grer, l'expĂ©rience artistique suprĂȘme de leur vie serait terminĂ©e. Qui se souciait, Ă ce moment-lĂ , de ce que serait la situation dans 50 ans ? Suivez les Pas du LĂ©gendaire NYC Ballet ! Ă la fin comme au dĂ©but, il y a Balanchine. Parmi les nombreuses grandes leçons qu'il nous a apprises, il y a celle que rien ne reste immobile ; la danse devrait changer, doit Ă©voluer et changera, que cela nous plaise ou non. Et pourtant, les spectacles du New York City Ballet continuent au Théùtre d'Ătat et dans le monde entier. GrĂące aux tĂ©moignages de danseurs et danseuses classiques qui ont connu Balanchine, Ă ses propres dires, ou Ă ceux des dirigeants de la compagnie, vous avez maintenant une vision complĂšte sur son Ćuvre. Vous avez pu constater que son histoire a Ă©tĂ© entachĂ©e de turpitudes temporaires, et quâelle a su rester lâune des meilleures compagnies de danse au monde. Afin dâĂȘtre dans les meilleures conditions possibles pour dĂ©buter, ou bien pour performer parfaitement, il vous faut des tenues et accessoires adĂ©quats. En effet, afin de vous Ă©quiper en articles de danses, et suivre les pas du mythique ballet de New York, USA LĂ©gende vous suggĂšre de vous rendre sur La Boutique Danse. 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A l'occasion de la sortie trĂšs remarquĂ©e de Black Swan, GQ revient sur les meilleurs danseurs du XXĂšme siĂšcle. Fred AstaireFred Astaire, de son vrai nom Frederick Austerlitz, connut la cĂ©lĂ©britĂ© dans les annĂ©es 30, d'abord Ă Broadway puis ensuite au cinĂ©ma. Il dĂ©buta sa carriĂšre avec sa soeur, AdĂšle, mais c'est avec sa partenaire Ginger Rogers qu'ils se hissĂšrent au rang de couple danseur mythique, souvent en haut des / AbacapressA l'occasion de la sortie trĂšs remarquĂ©e de Black Swan, GQ revient sur les meilleurs danseurs du XXĂšme / AbacapressA l'occasion de la sortie trĂšs remarquĂ©e de Black Swan, GQ revient sur les meilleurs danseurs du XXĂšme siĂšcle. Fred AstaireFred Astaire, de son vrai nom Frederick Austerlitz, connut la cĂ©lĂ©britĂ© dans les annĂ©es 30, d'abord Ă Broadway puis ensuite au cinĂ©ma. Il dĂ©buta sa carriĂšre avec sa soeur, AdĂšle, mais c'est avec sa partenaire Ginger Rogers qu'ils se hissĂšrent au rang de couple danseur mythique, souvent en haut des MillepiedBenjamin Millepied porte bien son nom. Ce danseur qui cartonne est au coeur de l'actualitĂ© Ă part ĂȘtre le fiancĂ© bientĂŽt papa de Natalie Portman, qu'il a rencontrĂ© sur le tournage de Black Swan, c'est aussi un des danseurs phare du New York City Ballet. Il a aussi dansĂ© pour les plus grands metteurs en scĂšne contemporains, dont Angelin JayetBoris CharmatzCe jeune savoyard est considĂ©rĂ© comme l'un des chefs de file de la nouvelle vague française de danse contemporaine, et du mouvement de la non-danse, nĂ© dans les annĂ©es 1990. NommĂ© Ă la direction du Centre chorĂ©graphique national de Rennes et de Bretagne en 2008, il a aussi créé le projet Edna, qui mĂȘle danse et crĂ©ation scĂ©nique William / AbacaElvis PresleyLa lĂ©gende veut que c'est Ă cause de ses dĂ©hanchĂ©s dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s qu'on a inventĂ© le plan dit "amĂ©ricain", qui cadre de la tĂȘte Ă la ceinture, pour diffuser ses concerts Ă la tĂ©lĂ©. Le King mettait la fiĂšvre avec sa voix de velours, certes, mais aussi grĂące Ă son swing zouk-rock JacksonSi Michael bluffait dĂ©jĂ les foules Ă l'Ă©poque des Jackson 5 avec son incroyable Ă©nergie sur scĂšne, c'est quand mĂȘme avec le pas nommĂ© "moonwalk" qu'il a accedĂ© au rang de dieu de la danse. Si le moonwalk est empruntĂ© au Mime Marceau, le second geste qui a fait la renommĂ©e du King of Pop, la main bien crispĂ©e Ă l'entrejambe, semble ĂȘtre cette fois une crĂ©ation tout Ă fait Musto / AbacaPrincePrince est petit, mais il bouge bien. C'est d'ailleurs comme ça qu'il a acquis sa solide rĂ©putation de sex-symbol. Tout est dans le bassin, encore une faith / AbacaJustin TimberlakeInspirĂ© du breakdance, du hip-hop et de ses lointaines chorĂ©graphies saccadĂ©es qu'il faisait quand il Ă©tait membre du boysband N'Sync, Justin a rĂ©ussi Ă convaincre la terre entiĂšre qu'il avait un don pour la danse. Si, c'est / AbacaJohn TravoltaActeur Ă la formation complĂšte, Travolta a donc fait de la danse et du chant quand il Ă©tait petit. C'est surtout trois films, et pas des moindres, qui marqueront Ă jamais les mouvements du grand John encore un dĂ©hanchĂ© interdit dans Grease, une pression pour un concours de discothĂšque de dingue dans Saturday Night Fever attention les Bee Gees, et enfin une chorĂ©graphie parfaitement interprĂ©tĂ©e avec flegme et brio dans Pulp Fiction. Du grand cinĂ©ma, on vous AileyLe plus grand danseur et chorĂ©graphe afro-amĂ©ricain. Alvin Ailey fonde en 1958 sa propre compagnie de danse, insatisfait des techniques de la danse jazz. Il crĂ©a presque 80 ballets tout au long de sa vie avec la Alvin Ailey American Dance Theater, qui devint l'une des compagnies les plus rĂ©putĂ©es de New CervantesMikhaĂŻl BaryshnikovLe vieil amant de Carrie dans la derniĂšre saison de Sex & The City est bon acteur, mais avant tout c'est un excellent danseur. Ne dĂ©passant pas en taille une ballerine sur les pointes, il Ă©tait cantonnĂ© en URSS Ă des seconds rĂŽles. Il quitte alors sa Russie natale pour retrouver les chorĂ©graphes d'avant-garde de l'Ouest et devient danseur principal du New York City Ballet en 1978. C'est le dĂ©but du grand triomphe. Aujourd'hui, il a une acadĂ©mie Ă son nom, le Baryshnikov Art Center de New DeniauKader BelarbiOriginaire de Grenoble d'un pĂšre algĂ©rien et d'une mĂšre française, il devient premier danseur de l'OpĂ©ra de Paris en 1989. Il quitte la scĂšne Ă 46 ans, en SwayzeDans la mĂȘme veine des acteurs hollywoodiens pluridisciplinaires, Patrick sait danser, jouer, chanter... Mais surtout danser. Depuis le succĂšs de son rĂŽle de bad boy qui danse collĂ©-serrĂ© dans Dirty Dancing, on a tous une part brute de Patrick Swayze en ForsytheAprĂšs avoir Ă©tĂ© de nombreuses annĂ©es le directeur artistique du Ballet de Francfort, il est le directeur de The Forsythe Company. ConsidĂ©rĂ© comme le chorĂ©graphe le plus europĂ©en des AmĂ©ricains », Forsythe a fait une centaine de crĂ©ations, dont plusieurs commandĂ©es par des compagnies internationales prestigieuses, comme l'OpĂ©ra National de Paris ou le San Francisco KellyGrande personnalitĂ© de la comĂ©die musicale, comme Fred Astaire, Gene Kelly chanta et dansa sous la pluie comme ShechterLe chorĂ©graphe israĂ©lien Hofesh Shechter met en scĂšne une danse viscĂ©rale et Ă©lectrique. Avec de la musique forte et rugueuse, entre le heavy mĂ©tal et la mĂ©lodie orientale et classique, ses crĂ©ations sont surprenantes. Et BrownLe King of Soul Ă©tait une bĂȘte de scĂšne il chantait Sex Machine et pensait "sex machine" avec chaque parcelle de son corps. Grands Ă©carts, danse lascive avec le micro, ondulations crĂ©atives, tout Ă©tait bon pour attirer l' DeniauNicolas LericheNĂ© en 72, Nicolas Leriche a dĂ©butĂ© Ă l'OpĂ©ra de Paris. Sous la direction de Rudolf Noureev, il interprĂȘte Mercutio puis RomĂ©o dans RomĂ©o et Juliette. Il est nommĂ© danseur Ă©toile par Patrick Dupond en 1993, aprĂšs avoir interprĂ©tĂ© le rĂŽle du prince dans Giselle, oĂč il montre sa puissance de saut impressionnant. Depuis, ce rĂŽle lui colle Ă la peau... Ce qui ne l'empĂȘche pas de danser pour les plus grands Lindquist / Harvard Theater Coll. / AbacaRudolf NoureevGrand danseur Ă©toile d'origine russe, Noureev a su remettre le rĂ©pertoire baroque Ă la mode, dans les annĂ©es 50. Directeur de la Danse Ă lâOpĂ©ra de Paris, Chevalier de la lĂ©gion d'honneur, rĂ©putĂ© pour sa grĂące et sa technique parfaite, il est considĂ©rĂ© comme l'un des plus grands danseurs classique du XXĂšme siĂšcle. Et son physique avantageux ne lui a pas fait d'ombre non plus...Constance GuissetAngelin PreljocajPreljocaj a fondĂ© sa compagnie en 1985, oĂč, imprĂ©gnĂ© par l'opĂ©ra classique, il monte des ballets cependant rĂ©solument modernes. Aujourd'hui trĂšs en vogue, sa danse qui mĂȘle lyrisme, sensualitĂ© et mouvements contemporains est trĂšs apprĂ©ciĂ©e. Son dernier grand succĂšs en date est son Blanche-Neige, produit en 2008, avec des costumes de Jean-Paul WalkenChristopher Walken est un acteur extraordinaire. Mais depuis le clip de Fat Boy Slim, Weapon of Choice, on s'est rappelĂ© de son passĂ© d'acteur de comĂ©die musicale. Qui est brillant.
étoile française du new york city ballet